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5 nouveaux EPN labellisés

5 nouveaux EPN ont été labellisés lors de la réunion du Comité de labellisation du 17/04/18 :

Il s'agit de :

  • La Ville de Liège (Bibliothèque Saint-Léonard)
  • La commune d'Aubange
  • La commune de Courcelles
  • La commune de Sombreffe
  • La commune de Dison

4 EPN ont été délabellisés à leur demande ou sur constat de fermeture :

  • La Roche-en-Ardenne
  • Lierneux
  • Tubize
  • Andenne Peu d'eau

Cela porte le nombre d'EPN à 174 sur 130 communes !

Tags : labellisation

Educode 2018 à Bruxelles: une conférence sur la pensée numérique en classe

Wallcode est l’un des sponsors de la conférence internationale Educode qui se tient à Bozar et à l’académie Royale à Bruxelles les 27, 28 & 29 août prochains. L’objectif: créer un espace où les enseignants et responsables d’écoles primaires secondaire et supérieur de toute section (générale, technique & professionnelle) pourront réfléchir, s’informer et se former face aux défis de la révolution numérique

 

3 journées de code

Durant 3 journées, à Bozar et à l'Académie royale, les professeurs, directeurs d'écoles, parents et étudiants, chercheurs et toute personne intéressée par l'enseignement et le numérique sont invitées à réfléchir à l'usage du numérique dans l'enseignement. L'événement combine conférences, ateliers pratiques et présentation, assurées par des représentants de diverses sociétés spécialisées et des associations actives dans l'utilisation des TICE à l'école, comme KodoWallonie, Devoxx4kids, SICarré, La main à la pâte, la Scientothèque, l'expérimentarium ou Molengeek. Les deux premières journées seront dédiées aux enseignants. En même temps, le grand public sera invité à des conférences plénières le premier jour, tandis que 2 demi-journées de conférences et d’ateliers (lundi 27 et mardi 28 après-midi) s’adresseront tout particulièrement aux directeurs d’établissement

 

L’Unesco partenaire

Parmi les partenaires du projet, on trouve à côté de l’ensemble des universités belges (Umons, ULB, ULG, UCL, Liège Université, Ghent University, Unamur), la Fédération Wallonie Bruxelles, la Région wallonne (via Digital Wallonia) et quelques opérateurs privés comme IBM ou Cap Gemini. Nicolas Pettiaux: L'Unesco est le soutien dont je suis le plus fier. J’ai rencontré pour ce faire David Storti, spécialiste de programme à la division information et communication. Cela donne une réelle dimension internationale à un événement que nous voulons développer et amplifier au cours des prochaines années."

 

Participation gratuite

Nicolas Pettiaux maître-assistant à l’Ecole supérieure d’Informatique de la Haute école de Bruxelles et co-organisateur de la conférence: "Les conférences de la première journée se tiennent à Bozar. Elles doivent permettre aux participants de rentrer dans le vif du sujet pour ensuite, les jours suivants, participer aux ateliers de leur choix. Il y en aura pour tous les publics, de tous les âges (primaire, secondaire, supérieur) de toutes les sections (général, technique et professionnel). En tout, 60 ateliers seront organisés à l'ESI à l'intention des professeurs de primaires, secondaires et supérieurs. Ils porteront sur le codage et l'utilisation de l'informatique en classe, sur desktops et smartphones. L'objectif est que chaque participant puisse suivre 3 ateliers de 1, 2 ou 3 heures. La participation est gratuite pour les enseignants qui seront remboursés par l'IFC et en plus recevront des contenus entièrement réutilisables"

 

Plan de pilotage numérique

Nicolas Pettiaux : "Nous souhaitons mettre au service du Pacte d'excellence notre connaissance des acteurs et leur capacité d'organisation de rencontres entres professionnels d'horizon divers. Le Pacte prévoit que tous les établissements scolaires établissent un plan de pilotage du numérique dans les 3 ans : un tiers cette année, un tiers en 2098, un tiers en 2020. Or de nombreux directeurs d’école ne savent pas quoi y mettre. Nous allons proposer de les guider, avec des conférences spéciales et des services proposés par des associations spécialisées dans le code et le numérique.

 

Nouvelle association de promotion du code

Pour coordonner et soutenir cette organisation, les organisateurs envisagent de créer une association éponyme. Educode aura comme mission de promouvoir l'éducation et la formation à l'usage réfléchi du numérique, ce qui passe par l'accès au code source et à l'usage des licences libres et aussi bien sûr la protection des données personnelles et de la vie privée. Nous espérons que les professeurs, les directions, les écoles, les associations, les élèves, les étudiants et leurs parents en deviennent membres. Nous espérons également conclure des partenariats constructifs avec toutes les associations amies comme Abelli ou BxLug en Belgique, mais aussi, de manière internationale avec l’April, FSF ou FSFE.»

Tags : code

Enseignement et numérique : il est urgent de former les profs !

Il est urgent et crucial de (mieux) former les enseignants. C’est la principale conclusion du Baromètre Digital Wallonia 2018 Education & Numérique présenté fin février par l’Agence du Numérique.

 

Entre mai et septembre 2017, l’ADN a mené l’enquête auprès de 2066 établissements scolaires implantés en Wallonie, y compris en Communauté germanophone et en Région de Bruxelles-Capitale pour ceux qui relèvent de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a également sollicité l'avis de 2585 enseignants en fonction dans les deux Communautés. Selon les auteurs du rapport, «La formation de l’enseignant, tant au niveau de la formation initiale dans les hautes écoles et les universités qu’en cours de carrière est manifestement le domaine qui appelle les réactions les plus urgentes.»

 

Se former et disposer de personnes ressources

Le besoin de formation des enseignants est le premier point cité par les directions et le second par les enseignants eux-mêmes. Au rang des questions techniques, le manque de ressources humaines pour gérer les équipements techniques est pointé en premier par les chefs d'établissement. C’est que la gestion des équipements numérique est régulièrement laissée aux soins des enseignants utilisateurs avec, dans certains cas, l’aide de personnes ressources tic dotées de compétences techniques plus pointues. Deux tiers des écoles interrogées n’affectent aucun crédit officiel à une telle personne ressource pour lui permettre d’assister ses colègues. Pour le reste, qui s'en étonnera, directions et enseignants sont en attente de plus d'équipements, d’une meilleure connectivité et de plus d'applications numériques adaptées un usage pédagogique.

 

Equipements informatiques : +38% en 4 ans

L’année passée, 568 équipes éducatives ont ainsi vu leur projet pédagogique soutenu en équipement par la Région Wallonne à concurrence d’un peu moins de 15.000 €. En même temps, 200 implantations scolaires ont été sélectionnées, elle aussi sur base d'un projet pédagogique, pour recevoir l'installation d'un réseau local et du wifi dans tous les locaux pédagogiques. Dans le cadre de la stratégie numérique «Digital Wallonia 2016-2019», le Gouvernement wallon compte soutenir 500 autres projets numériques chaque année, à tous les niveaux de l’enseignement. L’effet de cette politique se fait sentir. En 4 ans, (date du dernier baromètre), le volume d'équipements informatiques a progressé de 38%.

 

45% du parc acheté par les pouvoirs publics

En Wallonie, cela se traduit selon les enquêteurs par une moyenne de 11,2 terminaux numériques pour 100 élèves. Sans surprise, il s’agit essentiellement de postes fixes. Ils représentent 79 % du parc total pour 13 % de tablettes et 8 % de portables. Globalement, les pouvoirs publics sont intervenus à concurrence de 45 % dans les plans d’investissements des établissements scolaires (61% dans le fondamental et 40 % dans les autres niveaux).

 

Pas assez de haut débit dans les classes

Concernant l'accès à Internet, les politiques publiques menées en matière de connectivité portent leurs fruits : 88% des écoles reliées à Internet. Reste qu’il y a beaucoup à dire sur la qualité et la densité de cette connexion. Lors de l'enquête, un test visant à mesurer le débit de la connexion internet a été réalisé dans près de 2600 implantations. Les débits observés sont très variables sur l'ensemble du territoire et dans de nombreux cas, ils ne sont pas adaptés à un usage pédagogique massif. En effet, si 25% des lignes testées ont affiché un débit supérieur à 70 Mbps et 35 % un débit entre 30 et 70 Mbps, 29 % n'offrent qu'un débit de 10 à 30 Mbps et 11% n'atteignent même pas 10 Mbps. En Wallonie, le débit médian est de 36,8 Mbps.

Tags : école - agence conseil du numérique

Du 2 au 11 mars, 3ème édition du Hackathon Citoyens de Wallonie

Voici près d'un an que la deuxième édition de Citizens of wallonia 2017 s'est clôturée. Organisé par FutoroCité à Mons, ce hackathon citoyen a réuni quelque 82 participants répartis en 17 équipes qui ont développé pendant 48 heures des applications destinées à la cité.Cette année encore, du 9 au 11 mars, des équipes vont se mobiliser sur des problématiques plus diverses les unes que les autres, regroupées l'année passée en 3 grandes thématiques: la mobilité, la mise à l'emploi et les échanges entre citoyens et autorités publiques. Sans surprise elles restent bien prégnantes dans la liste de suggestions concoctée cette année par les organisateurs même si c'est la mobilité et la géolocalisation qui tiennent le haut du pavé.

 

Appli Parking

Ainsi la ville de Waterloo propose de plancher sur une appli pouvant, en fonction de la densité des parkings, donner priorité à certaines zones de délestage et organiser des navettes avec, pourquoi pas, la possibilité de les articuler avec des services de covoiturage et services de voitures/vélos partagé(e)s. La gestion intelligente de la mobilité figure aussi dans la liste de la Ville de Mons, qui souhaite accroître l'attractivité des parkings Achat-Minutes, l'idée étant de sensibiliser et convaincre les usagers de respecter la durée maximum de stationnement ou les alerter en cas de dépassement. Il s'agit aussi d'identifier les emplacements de parkings gratuits disponibles en ville et informer les usager en temps réel ou encore de fluidifier la circulation aux abords des écoles. Côté géolocalisation, il s'agit de trouver ici un co-voiturage, là un babysitter, une bonne table ou une ballade ou, en période automnale, de pouvoir localiser les lieux de chasse en fonction des dates et des coordonnées GPS des bois.

 

Mobilité, sécurité, citoyenneté

Les questions posées par la ville de Herstal illustrent bien l'air du temps. Comment faciliter la mobilité en milieu rural et urbain? Comment améliorer la sécurité du citoyen ? Comment améliorer l'efficacité énergétique? Comment améliorer l'accessibilité par les transports en commun ? Comment favoriser une mobilité respectueuse de l'environnement ? Comment impliquer le citoyen dans la gouvernance de la ville. Comment faciliter les interactions/contacts entre les citoyens et entre citoyens et villes et communes pour favoriser le travail collaboratif et l'esprit communautaire ?

 

Données ouvertes

Cette année, le concours accueille de nouveaux partenaires (NRB, Be Mobile et Wallonie en poche notamment) et propose un set de technologies et de données ouvertes très étendu: services publics de wallonie, Forem (infos moteurs recherche), gouvernement fédéral (5200 jeux de données), Ville de Namur (cartographie), Stib (trajets horaires, détail des arrêts), Office de tourisme de Wallonie (base de données Pivot des offres touristiques), Ville de Mons (données mobilités, urbanisme et développement durable). Multitel mettre à disposition des API permettant d'accéder aux données de parking de la Grand Place de Tournai. Be-Mobile permettra aux équipes de lancer des requêtes vers la base de données en open data des capteurs de stationnement de la ville de La Louvière. Les utilisateurs auront accès à 4 plates-formes de développement: IBM Cloud, Microsoft Azure, EnCo et Wallonie en Poche ainsi qu'aux services d'une quinzaine de coaches.

 

Ouvert à tous

Les équipes seront constituées de 7 membres maximum (2 minimum) avec une spécificité. Julie Roger, Responsable des Opérations FuturoCité: La première particularité de notre hackathon, outre le fait de mobiliser un grand nombre de participants, est le public auquel il s’adresse. En effet, contrairement aux hackathons traditionnels principalement constitués d’informaticiens, celui-ci est ouvert à l’ensemble des citoyens (techniciens bien sûr, mais également étudiants, start-ups, entrepreneurs, secteur public, makers, créatifs, porteurs de projets, …). Cette mixité dans les rôles et profils permet de mettre sur pieds des projets particulièrement riches en termes de diversité, de créativité ou de finalités. A noter comme temps fort la présence du Ministre Pierre Yves Jeholet lors de la cérémonie de clôture le dimanche après-midi pour les pitchs des projets et la remise des prix."

Tags : Hackathon

L'impression 3D en EPN

L'Espace Public Numérique de Neufchâteau s'est équipé de deux imprimantes 3D.  Pour certains, cette dépense semble être un gadget électronique. Toutefois, pour l'animateur, Christophe Vangoethem, cet achat fait partie de ses meilleures idées. Il tente dans l'article suivant d'expliquer pourquoi cet investissement pourrait se généraliser dans l'ensemble des EPN.

Le prix et modèle

Pour couper court directement à tout suspense, la Dagoma Discoeasy 200 coûte 300€… seulement. Pour ce prix, elle est livrée en kit à monter soi-même. Cette solution peut sembler rebutante, mais elle semble justifiée pour un EPN.

 

   

 

   1.     On démystifie l’électronique et le monde de l’informatique : c’est à la portée de tous et le tutoriel est très bien fait. On a ensuite la satisfaction de pouvoir fanfaronner : « Et les gars! J’ai monté une IMPRIMANTE 3D! Ouais je suis un peu le fils spirituel de Mc Gyver quoi! »

    2.     On informe sur la notion de logiciel libre

    3.     On économise 100€ sur le modèle monté ce qui correspond à la première commande de consommables et de petits matériels. Pour un EPN, c’est une chouette économie.

    4.     C’est une société française avec un support en français (et ça peut servir)
 

Education citoyenne

Faire rentrer une imprimante 3D dans un EPN (dans son cas, l’EPN se trouve à la bibliothèque), permet de couper court à l’idée que la 3D c’est de la science-fiction. La 3D est disponible et offre des solutions abordables.

Plusieurs objets ont été imprimés et permettent aux visiteurs de jauger structure, poids et solidité. Les exemples sont simples et parlants : documentation pour l’école, pièces de jeu, gadgets, etc. 

Des fiches pratiques en A3 permettent aux visiteurs d’appréhender la technologie et les attentes que l’on peut en avoir. 

Ces imprimantes génèrent des questionnements et des réflexions passionnantes tant auprès des séniors que des enfants qui viennent visiter la bibliothèque avec leur classe.

 

 

 

Cette présentation est complétée par quelques vidéos qui tournent sur une tablette ou sur un PC. En voici quelques exemples qui peuvent très facilement être complétés.

    •       Généraliste : https://www.youtube.com/watch?v=IwZ7dThFxkI

    •       Construction de maison : https://www.youtube.com/watch?v=fPp2mW8j_Nw

    •       Impression en métal : https://www.youtube.com/watch?v=fPp2mW8j_Nw

    •       Fabriquer de la peau : https://www.youtube.com/watch?v=oZiD_VQhK8A

 

Mutualisation

Un EPN a entre autres comme vocation de lutter contre l’exclusion numérique.

L’accès à internet s’étant démocratisé tant au niveau des coûts de connexion que du matériel (un abonnement classique et un smartphone de base permettent de se connecter), une manière de réorienter l’action est par exemple de proposer le service de l’impression 3D aux visiteurs.

L’EPN de Neufchâteau propose donc un système de mutualisation de la machine. En d’autres termes, Mr Toutlemonde peut venir imprimer son fichier 3D à l’EPN comme il le ferait d’un fichier PDF.

Au niveau du coût, une location de la machine est fixée à 50 cents par 1/2 heure d’utilisation ce qui est tout à fait raisonnable et qui force l’utilisateur à réfléchir à l’intérêt d’imprimer quelque chose en haute qualité plutôt qu’en basse (ratio en temps de 1 à 3).

Au niveau du consommable, le prix est de 10 cents par gramme.

La pièce d’échiquier Pokemon ou la grenouille reviennent à un peu moins de 1,9€ temps et matériaux compris.  

Attention : Cette mutualisation est très appréciée par le politique qui voit la possibilité de mettre en avant un nouveau service pour le citoyen et de mettre en avant le côté visionnaire de la démarche. Il faut cependant bien vérifier qu’aucun professionnel ne propose ce même service sur votre territoire communal ce qui pourrait générer une concurrence déloyale ou d moins créer un malaise dans les relations.

Partenariat

 

L’imprimante 3D permet de développer des partenariats. À Neufchâteau, des collaborations se sont très rapidement développées avec la ludothèque ou avec les écoles pour compléter des jeux et du matériel scolaire. D’autres sont en préparation comme avec l’athénée royal et la section pâtisserie qui souhaitent créer des emporte-pièces personnalisés.

L’activité du rendez-vous du libre prévoit également d’utiliser l’imprimante pour personnaliser des boîtiers pour Arduino ou des stations météo.

Se former

Au niveau de la formation, il existe une multitude de tutoriels en ligne. L’animateur de l’EPN s’est pour sa part inscrit à un MOOC (formation en ligne gratuite et ouverte à tous) sur FUN-mooc pour connaître le B-A-BA. Cette démarche est à la portée de tous et ne nécessite pas de prérequis.

Au niveau des logiciels, tout est disponible en ligne gratuitement. Tinkercad est utilisé pour les créations de volumes simples, mais il y a déjà de quoi faire! Sketchup est également une solution envisageable.

Les modèles peuvent facilement être trouvés en ligne comme sur Thingiverse. L’animateur partage également ses réalisations sur ce site ce qui lui semble une démarche nécessaire tant personnellement qu’au niveau de l’éducation citoyenne. 

Nos meilleurs voeux pour 2018

La citoyenneté face aux algorithmes et aux big data

C'était le sujet, ce 14 décembre, de la conférence organisée à PointCulture Botanique par MediaAnimation. Professeur à l'UQAM de Montréal, Mélanie Milette se penche depuis une dizaine d'années sur les usages et enjeux citoyens des médias sociaux.

 

Mc Afee arrêté à cause d'une photo

Mélanie Millette :«Lorsque le 13 novembre 2012, la police se rend sur l'île d'Ambergis Cayes pour y entendre John Mc Afee à propos du meurtre de son voisin, l'homme a déserté. Quelques jours plus tard, le magazine Vice publie une interview du créateur du célèbre logiciel de sécurité où il explique les raisons de sa fuite. L'article est accompagné d'une photo de l'ex-dirigeant américain. L'entretien a eu lieu «quelque part dans le monde». Mais des métadonnées sont attachées à cette image. Elles renvoient à un restaurant situé au Guatémala. McAfee sera arrêté et expulsé vers les Etats Unis. Mélanie Millette: «C'est l'une des illustrations de ce que ces fameuses métadonnées que même des professionnels du numérique ont souvent tendance à négliger peuvent avoir des conséquences très importantes sur nous.»

 

2,5 quintillons de bytes par jour

Les algorithmes sont constitués par une suite d'opérations mathématiques. Ils ont pour fonction de trier l'information selon certains critères établis par des personnes qui en ont pensé chacune des variables et leur ont attribué un poids. "Ce sont des facilitateurs, des catalysateurs, des assistants de prise de décision dans un monde où le volume d'informations générées est en augmentation exponentielle. On estime que 90 % des donné'es produits sur le net l'ont été dans les deux dernières années. Chaque jour, on produit 2,5 quintillons de bytes. C'est pharamineux!"

 

Que veut-on faire faire aux algorithmes ?

Leur grammaire est la plupart du temps tenue secrète. Ce sont des boîtes noires, protégées par des brevets de propriété intellectuelle. Mais certains, comme CineMatch, ont été en partie rendus publics. «C'est NetFlix lui même qui l'a rendu populaire en lançant en 2009 un concours auprès des programmeurs. Le but était d'améliorer de 10% l'efficacité de son outil de suggestion et de recommandation de contenus. Pour ce faire, les ingénieurs de NetFlix ont largement documenté leur algorithme. C'est ainsi que l'on sait que, derrière la variable utilisateur, on trouve notamment le genre déclaré de la personne, le code postal, les références de son quartier ou encore le profil idéologique de la personne. Reste que rendre un algorithme public, c'est à dire publier son code source, ne rend pas directement «lisible» les intentions de ceux qui l'ont conçu, tant le nombre de variables est important et les corrélations complexes».

 

Recommandation numérique

C'est pourquoi il vaut mieux se pencher sur les finalités recherchées par ses concepteurs. Ici, NetFlix s'appuie sur 4 grandes catégories d'algorithmes. «Search» va recenser les recherches de ses abonnés et les films et séries qu'ils ont le plus souvent regardés ensuite. «PVR» va générer un catalogue personnalisé en fonction des habitudes de visionnement. «CineMatch» a pour fonction d'anticiper le nombre d'étoiles qu'un abonné va attribuer à un programme. «ARO» déterminera enfin l'ordre dans lequel les rubriques apparaîtront sur la page d'accueil des abonnés. L'objectif: nourrir le moteur de recommandations du service en ligne de vidéos et anticiper le degré d'intérêt des utilisateurs pour une série ou un film. "C'est en prenant conscience de l'existence et de la logique de tels mécanismes que l'utilisateur, le citoyen, peut récupérer une certaine maîtrise de son environnement numérique."

Tags : communication numérique - éducation aux médias

Derrière PageRank & EdgeRank

Pour la chercheuse de l'UCAM, la plupart des utilisateurs ne sont pas conscients des mécanismes et des effets recherchés par des algorihtmes comme PageRank & EdgeRank. Très peu de personnes savent ainsi que c'est seulement une infime partie des publications publiées par un membre du réseau Facebook qui apparaît sur le fil d'actualité de ses amis : entre 5 à 7 % en raison des tris et classements opérés. Mélanie Millette: "Facebook a ainsi confié à son algorithme la responmabilité de limiter la portée des publications de ses membres.  Ses deux premiers critères de sélection sont le potentiel initial de "buzz" (si le message  est beaucoup liké, partagé ou commenté, l’algorithme va en accroître la diffusion), ou le côté payant d'informations sponsorisées."

 

PageRank : tapis rouge pour les grandes marques

PageRank, du nom de son créateur Larry Page, a été programmé pour diriger le moteur de recherche de Google en 1998. Si les formules et les variables qui le composent ne sont pas publiques, il fait depuis toujours l'objet de nombreuses analyses, notamment des agences de référencement. En 2005, l'introduction de la fonctionnalité de recherche personnalisée a définitivement assis le succès du moteur de recherche en permettant d'afficher des résultats qui prennent en compte les préférences et recherches passées des utilisateurs, les renvoyant dans un univers de plus en plus familier. En 2008, Google a introduit la fonction de suggestion qui affiche en temps réel, dans la zone de recherche, des suggestions de recherches à partir de celles déjà réalisées par d'autres utilisateurs du moteur de recherche. L'année suivante, une important mise à jour ouvrait la porte à la différenciation du poids des contenus en fonction de l'importance économique de son producteur. Vince, c'est le nom de la variable, déroulait le tapis rouge pour les grandes marques.

 

L'émergence du mobile

La recherche en temps réel date de 2009, la prise en compte des posts sur réseaux sociaux de 2010. Un an plus tard, une variable donnait plus d'importance au site produisant régulièrement des contenus «frais». En 2013, ce sont les contenus plus long, les articles de fonds qui seront mieux pris en compte. PageRank prendra encore au fut et à mesure des mises à jours les indices de recherche locale (quand on cherche un commerce dans sa ville par exemple) ou encore les sites «responsive» c'est à dire adaptés aux smartphones et tablettes.

 

Facebook : une ligne éditoriale basée sur le poids et l'argent

L'algorithme de Facebook s'appelle EdgeRank. Mélanie Millette : "L'un de ses principes de base est l'homophilie des réseaux. Prenons la variable «Affinité». Elle est calculée en fonction des pages que vous aimez et des contenus que vous partagez. L'algorithme va comparer votre profil avec celui des gens avec qui vous interagissez. Plus les profils seront similaires, plus la chance sera grande de voir apparaître les contenus sur le fil d'actualité. La variable «Poids» calcule la performance de la publication : le nombre de mentions j'aime, le nombre de clics pour agrandir le contenu, le temps passé sur l'info, les performances passées, le nombre de partages... Facebook prend également en compte et privilégie les contenus récents et, qui s'en étonnera, accorde de plus en plus de poids aux pages sponsorisées."

 

Maîtriser et préserver sa vie numérique

Face à ce qui ressemble de plus en plus à une logique d'impéralisme numérique de majors américains, Mélanie Millette  insiste sur l'importance de la prise de conscience de ce qui se joue dans les réseaux sociaux  afin de pouvoir récupérer une certaine maîtrise dans la conduite et la préservation de sa vie numérique. Comme l'explique la chercheuse, des gestes simples, des contrôles de ce que les médias sociaux savent de nous sont tout à fait possibles via des outils comme la fonction «Mon compte» de Google ou le profil publicitaire de Facebook. On peut bloquer les publicités, effacer régulièrement les cookies, multiplier les pseudos, bref, on peut dérouter les algorithmes. On peut aussi s'immerger dans les suites alternatives, campagnes Framasoft et autres moteurs DuckDuckCo. Cela n'enlève rien à la nécessité et à l'urgence de militer pour une plus grande transparence des algorithmes qui conditionnent et cadrent en temps réel l'accès aux informations et qui président de plus en plus aux décisions qui sont prises à notre égard. Si la transparence est nécessaire, elle n'est pas suffisante. Il faut aussi donner plus de contrôle au citoyen sur ce qui est fait de ses données, sur la manière dont elles sont collectés, traitées et commercialisées. Le nouveau règlement européen général relatif à la protection de données à caractère personnel (RGPD), qui entrera en vigueur en mars de l'année prochaine, est en ce sens un bon pas en avant. Et l'on suivra avec beaucoup d'attention la suite qui sera donnée au procès qui oppose la Commission Belge de la Vie Privée à Facebook sur ce sujet.

Tags : culture numérique - citoyenneté - vie-privée

Economie collaborative : c'est peut être un voisin qui va livrer votre sapin de Noël

Vos courses, un repas concocté par un chef ou votre sapin de Noël livrés à domicile : ce sont là quelques-uns des services proposés par des plates-formes principalement destinées aux services aux personnes, au transport et à la livraison à domicile. Elles sont aujourd'hui 30 à être reconnues par le SPF Finances. La loi économie collaborative du 1er mars 2017 prévoit que les prestataires de celles-ci peuvent toucher jusqu'à 5100 € brut par an, montant qui sera taxé à concurrence de 10% au lieu des 33% précédemment. Au delà de ce plafond, la personne sera considérée comme indépendante. A noter que si la loi fixe un cadre fiscal et un plafond clair, elle ne règle pas la question de la couverture et de la protection sociale de ces travailleurs freelance.

 

Communauté de confiance

Sur la plate-forme de services entre particuliers ListMinut, l'une des premières à avoir introduit sa demande, la livraison de sapins de Noël fait partie des recherches les plus populaires, à côté de "Promenade de chien à Etterbeek", "Cours particulier à Auderghem", "Babysitter à Ixelles" et "Plombier à Bruxelles". Christophe Kalbfeich, COO: "Ces trois dernières années, la livraison de sapins de Noël a connu un véritable succès. Passant outre les épines dans la voiture ainsi que le manque de temps, ce sont des milliers de personnes qui recourent aujourd'hui à la livraison de sapins de Noël à domicile. Les tarifs proposés sont en moyenne 20% plus intéressants qu'ailleurs." ListMinut insiste sur la dimension humaine du service. "Il s'agit de réaliser des petits services pour ses voisins. Nous privilégions la proximité et la rencontre humaine. Nous rencontrons personnellement et sélectionnons nos prestataires au préalable. Nous travaillons à mettre en place une communauté de confiance." Le réseau d'action de l'entreprise s'étend. Centré sur Bruxelles, le service de ListMinut est disponible depuis novembre dernier à Anvers et Gand.

 

"Grâce à Bringr, je gagne un peu d’argent pendant ma retraite"

Il vous suffit d’introduire vos coordonnées, votre numéro de registre national ou de TVA et votre numéro de compte bancaire dans l’application Bringr de Bpost, puis de cocher la taille de votre véhicule, et vous pouvez commencer. Erwin Janssens, l’un des 3 400 prestataires de Bringr, en a fait l’expérience. "Vers la fin de l’année dernière s'exprime-t-il sur le site de Bringr, "je cherchais un revenu d’appoint en ligne. Je suis rapidement tombé sur Bringr. La combinaison des contacts sociaux et de la conduite m’a énormément plu.". Depuis quelques mois, Bpost mène un projet test avec Carrefour dans une quarantaine d'enseignes situées en région bruxellois. C'est ainsi que, jusqu'au soir de la Saint Sylvestre, les clients peuvent se faire livrer gratuitement leurs courses à domicile dans les 2 heures suivant la commande.

 

Le Dernier kilomètre

Ce dont il s'agit, c'est la livraison sur le dernier kilomètre. Quentin Goossens, co-fondateur du service de livraison à la demande Shippr.be: "C'est une expression très courante dans la gestion des chaînes d’approvisionnement. Concrètement, cela implique de couper la chaîne de livraison en deux : la livraison “longue distance” amène les biens jusqu’à un centre de dépôt qui redistribue ensuite plus efficacement les biens sur une plus courte distance. L’e-consommateur peut par exemple commander un bien se trouvant géographiquement assez loin. Une société de livraison “traditionnelle” va se charger de couvrir le plus gros de la distance (en avion, en camion,…) et va déposer le colis dans un entrepôt à l’entrée de la ville ou à l’intérieur de celle-ci. A partir de là, d’autres véhicules moins encombrants vont prendre le relais pour amener la marchandise à sa destination finale. C'est sur ce segment que nous nous spécialisons."

 

Uberizeme

L'année passée, le journaliste Christophe Charlot effectué différents jobs auprès de quelques unes de ces plates-formes collaboratives. "Pendant un mois, j’ai tenté de vivre au travers de cette "économie collaborative". J’ai touché 2.124 euros bruts. Soit un salaire moyen de 15 euros de l'heure. Mais à quelles conditions? Christophe Charlot voit dans son expérience la préfiguration du futur d'un certain travail : cumul de plusieurs jobs, impératif de souplesse et de flexibilité, liberté de choisir et de gérer sa charge de travail. Le tout dans un contexte de précarisation croissante et face à des poids lourds comme Amazon. Alors, système convivial de proximité et opportunité d'un revenu d'appoint, ou uberisation des nouvelles formes d'organisation du travail. Sans doute un peu des deux…

Tags : collaboration

17% des internautes choisissent 123456 comme mot de passe!

Sécurisez vos données ! C’est le leitmotiv d’Olivier Bogaert, le Monsieur sécurité de la RTBF, qui a donné une conférence sur le sujet le19 octobre dernier à l’ISIB, en inauguration de la journée AssociaLibre de sensibilisation aux outils libres à destination du monde associatif : "Selon la société Keeper, un peu moins de 2 personnes sur 10 utilisent 123456 comme de mot de passe, le deuxième étant 123456789, suivi de qwerty. Je pourrais également vous parler de la question secrète demandée pour changer un mot de passe. Savez-vous qu’en Fédération Wallonie Bruxelles, 93% des jeunes de 12 à 15 ans choisissent leur plat préféré comme question. Et 56% sélectionnent la pizza comme réponse ! Pour le Commissaire à la Computer Crime Unit, il faut commencer par une règle de base: "Si vous considérez qu’une information doit rester privée, il ne faut pas la poster sur Internet. Les photos que vous postez sur Facebook vous appartiennent toujours, mais vous venez de décider de les diffuser".

 

On est bien arrivé, les enfants sont dans la piscine...

Pour Olivier Bogaert, il est primordial de prendre conscience de l’utilisation qu’on peut faire des informations que l’on diffuse sans trop réfléchir sur les réseaux sociaux. "Un des classiques du genre en terme de cambriolage, c’est la publication sur son mur des photos du lieu de vacances où l’on vient d’arriver; du genre : on est bien arrivé, les enfants s ont dans la piscine. C’est le feu vert pour des personnes mal intentionnées, qui n’auront parfois pas très difficile à localiser votre résidence inoccupée, via le 1307 ou en likant la page du village ou du quartier que vous suivez. Google Street View fera le reste. On a même eu un cas où un voleur avait suffisamment récolté d’informations à propos des habitants qu’il avait frappé chez le voisin, et demandé la clé en arguant qu’il était un ami de la famille à qui on avait demandé de rendre un service."

 

Réseau d’échange d’image sécurisé

La publication de photos doit également se faire de façon réfléchie. Olivier Bogaert: "De nombreux parents et grands parents publient des photos de leurs enfants sans se méfier. Celles-ci peuvent être partagées par d’autres, et repérées par les algorithmes de reconnaissance faciale des moteurs de recherche qui vont créer des albums en ligne sans que l’enfant n’en soit conscient. C’est le droit à l’image qui sort du contrôle de votre progéniture. Or des réseaux dédicacés et sécurisés existent. Avec Famicity, un réseau social pensé tout spécialement pour les familles, vous maîtrisez vos données et vous choisissez qui peut avoir accès à vos photos."

 

Fouiller les archives Facebook avec Stalkscan

En novembre de l’année passée, l’ASBL ReForm et l’Université libre de Bruxelles ont interrogé 1589 jeunes issus de 37 établissements scolaires du secondaire en Fédération Wallonie Bruxelles. Les chercheurs leur ont demandé quelle application ils utilisaient en premier au lever. Il faut savoir que plus de 6 jeunes sur 10 consultent leur smartphone dans les 15 premières minutes qui suit leur réveil. Facebook est l’application ouverte en premier par un tiers des jeunes. 2 jeunes sur 3 l’utilisent en 1er, deuxième ou troisième lieu. "Comme de nombreux internautes adultes, ils ne sont pas toujours conscients des informations qu’ils rendent publiques. Je conseille d’utiliser Stalkscan, un petit outil mis en ligne par Inti De Ceukelaire. Stalkscan.com utilise la fonction Graph Search de Facebook pour fouiller de façon très précise et structurée dans les archives du réseau social. Il suffit de copier-coller l’url d’un profil sur le site pour avoir accès aux contenus de son compte.  Ce logiciel permet de montrer aux membres de Facebook qu’ils partagent publiquement sans le savoir des informations qu'ils considèrent comme privées ou confidentielles. Vous pourrez alors décider, dans les paramètres de confidentialité, de limiter l’audience de vos publications ou encore empêcher que les moteurs de recherche en dehors de Facebook affichent votre profil. Vos pouvez aussi demander à Facebook de vous avertir à chaque fois que quelqu’un poste une publication dans laquelle vous êtes identifié."

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