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Wallonie en poche : devenir le Google des services locaux

En un an, LetsGoCity n'a pas ménagé ses efforts de fédération des applications mobiles de proximité. Son ambition : être la référence wallonne des solutions numériques locales proposées aux citoyens. Son actualité : une refonte complète de son interface qui se présente dorénavant, à l'instar de la Timeline de Facebook, comme un flux de services géolocalisés.

 

Portail de services locaux

L'idée au départ de LetsGoCity et de son application Wallonie en poche est toute simple. "Nous nous sommes rendus compte ", explique son CEO Pierre Labalue, "que si il existe beaucoup de créations, d'initiatives, de sites Web, de développements d'applications mobiles, elles sont peu utilisés au quotidien. En moyenne, l'utilisateur embarque sur son smartphone 50 applications. Mais dans la pratique, il n'en utilise régulièrement qu'une dizaine, dont 7 sont horizontale. Ce sont les incontournables Facebook Messenger, Google Hangouts, LinkedIn ou WattsApp. In fine, il ne reste ainsi que 2 ou 3 applications à finalité locale et parmi celles-ci, très peu ou pas du tout sont développées en Wallonie. Concrètement, si vous voulez savoir quand a lieu un prochain événement dans votre commune, vous allez sur Facebook. Si vous voulez savoir quand passe le train, vous consultez Google et si vous cherchez un numéro de téléphone ou un bon restaurant, vous passez par TripAdvisor. LetsGocity est ainsi né d'un constat général des territoires connectés wallons : il existe beaucoup de très chouettes applications mais très peu sont réellement utilisées au quotidien. D'où l'idée de les rassembler dans un portail des services SmartCity orientés citoyens"

 

Partenariat avec Jules Lesmart et BetterStreet

. "Nous travailler à fédérer les applications mobiles wallonnes dans une interface unique qu’on a appelé Wallonie en poche. Nous avons démarré il y a un an avec quelques services de proximité : la collecte des déchets, les horaires de bus, ceux des trains. Il est également stratégique pour nous de nouer des partenariats avec des startups. Le premier d'importance est celui conclu avec BetterStreet qui est dorénavant utilisable depuis Wallonie en poche. On rejoint aussi des écosystèmes comme celui de Jules Lesmart. Cela nous permet d’être au plus près pour travailler sur l’interopérabilité avec les solutions des acteurs présents sur cette plate-forme.

 

Mur de services

L'application actuelle se présente comme un mur de services auquel on peut ajouter ou supprimer des applications mobiles bâties à partir des jeux des données d’organisations comme les TEC ou la SNCB ou d’intercommunales comme le BEP de la Province de Namur ou Idelux. "Nous veillons également à intégrer dans Wallonie en poche des communautés durables comme les clubs sportifs, les zonings ou les services communaux ou des événements éphémères comme SmartCity Wallonia ou le Hackathon citoyen C'est ainsi que la commune d’Ottignies Louvain La Neuve injecte les infos "smart" de son service urbanisme (heures d’ouvertures,…) et que le Val Benoît informe de l’état de ses différents chantiers. Nous sommes en train d’intégrer le guichet électronique de la commune de la Hulpe. Via Itsme, les habitants pourront commander et payer leurs documents à partir de Wallonie en poche. L’ASBL Commerce Liégeois utilise notre application pour recenser les vitrines adaptés aux personnes à mobilité réduite."

 

Nouvelle interface

Les prochains chantiers? Pierre Labalue: "Il s’agit de passer de la douzaine de services actuels à une trentaine, voire une centaine. Si vous avez une question sur un service de proximité, vous devez pouvoir trouver la réponse sur Wallonie en poche. Nous voulons devenir le Google des services locaux. Nous avons totalement repensé l'application à cet effet. A l'instar du fil d’actualité de Facebook, nous avons développé une nouvelle interface qui se présente comme un flux de services couplé à un moteur de recherche contextualisable. On peut dorénavant ouvrir Wallonie en Poche n'importe où en Wallonie et voir les services proposés dans l'endroit où l'on se trouve."

Tags : données ouvertes - Smart

L'E-Square, un nouveau Centre de Créativité Numérique à Marche

Voilà c’est fait. L’E-Square ouvre ses portes le 1er octobre. Situé dans le complexe Saint-François, au rez de chaussée, le Centre de Créativité Numérique offre une superficie de 700 mètres carrés. Le premier étage du bâtiment était déjà occupé par le MASI (Master en architecture des systèmes informatiques) de la Haute Ecole Henallux.

 

Lieu de mixité

Pourquoi un tel espace ? Ana Aguirre, Responsable du Centre de Support Télématique: "Cela fait 20 ans que la ville de Marche s’intéresse aux nouvelles technologies. Notre premier Espace Public Numérique date de 1997! Aujourd’hui, l’EPN est situé dans le quartier des carmes. Chaque année, on dénombre plus de 3000 réservations de PC." Avec l’E-Square, il s’agit de mettre à disposition de nouveaux outils dans un espace ouvert qui privilégiera la mixité entre le milieu académique et les futurs usagers. Le complexe Saint-François est un lieu de vie et de créativité important. Le Centre y côtoie des structures comme l’Académie des Beaux-Arts, le Conservatoire de musique, la Salle omnisports ou la crèche les Galopins. Composé d’un espace de coworking, d’un FabLab et d’espaces de rencontres et de détentes, il va accueiller en son sein la WebTV La Fameuse qui quittera la Rue Saint Laurent pour nourrir l’éco-système numérique citoyen de la Ville.

 

Espace de Co-working

L’espace de coworking peut accueillir de 15 à 20 personnes. "On peut y venir pour une heure, une journée ou une semaine. L’idée est de permettre aux travailleurs nomades de s’arrêter dans un endroit équipé de façon professionnelle. Nous voulons favoriser la création d’une communauté de travailleurs qui vont utiliser le numérique comme outil pour échanger des idées et faire germer des projets. Cela concerne tous les métiers. Par exemple, un jeune entrepreneur pourrait y côtoyer un comptable et de leurs échanges va peut être naître un nouveau produit ou service. Pour le faire vivre, l’ASBL l’e-Square a engagé Olivier Detgandt. Il organisera les événements et assurera la mise en réseau des utilisateurs. Les tarifs se veulent attractifs: 70 €/mois pour 4 jours/mois, 120 € pour une occupation à mi temps et 250 € pour une location à temps plein, avec parking gratuit.

 

Un FabLab pour l’électronique et le travail du bois

L’E-Square met également à disposition un Fablab équipé d’une fraiseuse, d’une thermoformeuse, de deux imprimantes 3D dont une grand format, d’une découpeuse laser et d’un scanner. : "Nous y ferons donner des cours de design par de vrais professionnels. Une partie est dédicacée à l’électronique, l’autre au travail du bois. La Fédération des menuisiers de Belgique a marqué son intérêt pour louer l’espace à raison de plusieurs jours par semaines. Il y a aussi une entente entre la ville et RND (Ressources Nature et Développement) qui a besoin de former ses menuisiers aux nouvelles technologies et au design. On est en train de finaliser notre protocole pour qu’ils puissent utiliser cet espace. Le but est que ces machines permettent aux professionnels ou pas d’imaginer et d’inventer de nouvelles pistes de travail."

 

Capsules vidéos

L’implantation de la WebTV La Fameuse se traduira pour des sessions de formation prodiguées par le GAL RoMaNa en collaboration avec TV Lux et Matélé. Les commerçants et associations pourront y apprendre à réaliser des capsules vidéos.

Tags : Fab Labs - Co Working Living Labs

Richard Stallman: non aux logiciels privateurs de liberté

C'est en 1983 que Richard Stallman lance le mouvement du logiciel libre avec le projet GNU. Deux ans plus tard, il crée la Free Software Foundation. Depuis, il parcoure le monde avec un mot d’ordre: défendre les libertés numériques. Fin août, il a fait un crochet à Bruxelles à l’invitation de son vieux complice Nicolas Pettiaux, l’organisateur d’Educode. Richard Stallman rappelle l'importance, pour le monde de l'enseignement, de la formation et des pouvoirs publics, de garantir aux citoyens une liberté essentielle: celle de pratiquer une activité numérique sans être suivi à la trace. "Si vous faites appel à un programme pour mener à bien des tâches affectant votre vie, votre liberté dépend du contrôle que vous avez sur ce programme. Cela implique 4 libertés. Tout d’abord, la liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu’il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez. En deuxième lieu, l’accès au code source est une condition nécessaire pour pouvoir le modifier et l'adapter à vos besoins".

 

Un contrôle collectif du code

Mais tout le monde n'est pas programmeur. "Il faut donc, c'est la troisième liberté, pouvoir redistribuer des copies, c'est à dire aider votre voisin non programmeur. Il faut enfin avoir la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées. En faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements. Les deux premières libertés signifient que chaque utilisateur a un contrôle individuel sur le programme. Avec les deux autres libertés, n’importe quel groupe d’utilisateurs peuvent exercer un contrôle collectif sur le programme. Ce sont alors les utilisateurs qui contrôlent le programme."

 

Uber outrepasse ses droits

Avec ce que Stallman appelle le logiciel privateur, c’est le fabricant qui exerce un pouvoir sur l'utilisateur. " De plus en plus souvent, ceux-ci sont conçus pour vous espionner, vous manipuler ou vous censurer. Les programmes de lecture de livres d'Amazon mémorisent toute l'activité de leurs clients : le titre du livre, les pages lues, les notes prises. On s'est penché sur les 1000 applications les plus populaires dans l'environnement Android. Plus de la moitié espionnennt les utilisateurs de façon facilement détectable. On ne sait pas ce que font les autres : sans doute la même chose, mais de façon plus discrète! Spotify et Netflix gardent la liste de tout ce que vous avez écouté et regardé. Cela ne devrait pas être légal. Uber ne devrait pas avoir le droit d'exiger un enregistrement de ses passagers. Quand on prend un taxi, on reste anonyme. Uber, lui, enregistre où vous avez pris la course et où vous vous êtes rendu. Ce sont des informations qu'il a déjà fourni à l'état américain."

 

Portes dérobées

Ces logiciels privateurs contiennent des portes dérobées, du code conçu pour recevoir des commandes distance. "En 2009, Amazon y a eu recours pour effacer des milliers de versions du roman de Georges Orwell 1984. Devant les critiques, Amazon a promis qu’il ne le ferait plus jamais, sauf si l’état lui demandait. Mais ce n’était pas sincère: la société a recommencé quelques années plus tard. Dans une voiture autonome, ce type de porte dérobée pourrait être très dangereuse. Elle pourrait par exemple être utilisée pour vous conduire à la police secrète pour être torturé. Nous pouvons supposer que la chine implémentera ce type d’application mais qui sait si les USA ou la France ne le feront pas non plus au nom de la sécurité? Savez vous que la majorité des smartphones peuvent être convertis à distance en système d’écoute fonctionnant 24 heures sur 24?"

 

Le libre, condition fondamentale de l’exercice de la citoyenneté

"Il faudrait refuser tout équipement ne fonctionnant pas en logiciel libre pour uniquement utiliser des applications qui sont contrôlées par une communauté d’utilisateurs. Ce sont eux qui doivent avoir le pouvoir, pas les développeurs. J’ai lancé le système d’exploitation GNU en 1984 dans ce but : pour qu’on puisse utiliser un ordinateur en toute liberté. En 91, le système était presque complet. Seul manquait le noyau. C’est à ce moment que quelqu’un d’autre, Linus Torvalds, en a publié un : Linux. Mais il n’était pas libre. En 92, il l’a rendu libre et la combinaison GNU/Linux a été le premier système d’exploitation libre à pouvoir fonctionner dans un PC. Cette liberté est fondamentale pour l’exercice de la citoyenneté. C’est pour cela que les écoles, et plus globalement tout le secteur de la formation et de l’enseignement, devraient uniquement enseigner du logiciel libre pour transmettre ces valeurs démocratiques de solidarité et de partage. Cela permettrait en outre à une nouvelle génération de programmeurs de maîtriser leur art. Enseigner l’utilisation d’un programme non libre, c’est implanter la dépendance à l’égard de son propriétaire, en contradiction avec la mission sociétale de l’école. L’école ne doit pas confier l’activité informatique de ses élèves à des Google, Apple ou Microsoft. Cela ne devrait pas être toléré dans une société démocratique qui défend la liberté et l’éthique!"

Tags : Logiciels Libres - vie-privée - citoyenneté

Médiateur numérique: quelles évolutions d'ici 3 à 5 ans?

C'est la question sur laquelle s'est penché le Service veille, analyse et prospective du Forem qui a réuni pour l'occasion une brochette d'experts issus des structures Technofutur TIC, Media Animation, SP Wallonie, IMAL, Uliège, EPN de Huy et Gilly, COF, CESEP, ADN, Tictactoe et du Forem. Pour eux, les activités d'accompagnement personnalisés et le développement de partenariats (locaux) et/ou d'un réseau de pairs sont appelés à prendre de plus en plus d'importance.

 

 

Un public de plus en plus précarisé

La professionnalisation aussi, qui passe par l'acquisition et la reconnaissance des compétences. L'une des voies de cette reconnaissance pourrait être le référentiel européen DigComp (pour les citoyens) et DigComEdu (pour les enseignants et les formateurs). Le financement de cette professionalisation, et plus largement de la médiation numérique, reste au coeur de la question de l'avenir des EPN. Or tout porte à croire que le financement structurel tant attendu n'est toujours pas à l'ordre du jour des différents niveaux de pouvoirs encadrant leur dispositif. C'est encore et toujours la logique des appels à projets ponctuels qui semble devoir prévaloir, face à un public de plus en plus précarisé socio-économiquement. Avec la rapidité et la diversité de l'évolution technologique, ce sont les deux facteurs qui auront le plus d'impact sur l'évolution du métier de médiateur numérique. '

 

 

Développer des compétences en écoute et accueil

Côté public, cela signifie pouvoir développer des approches multiculturelles, notamment pour l'accueil de primo arrivants, ou encore travailler avec des publics ayant des difficultés pour lire et écrire. Tout le volet communication (non violente) et gestion des émotions deviendra lui aussi de plus en plus important. Cela implique enfin de pouvoir aiguiller les personnes vers les bonnes personnes ressources et les réseaux spécialisé en matière d'assistance sociale, économique et juridique.

 

Education critique aux médias

La rapidité et la diversité de l'évolution des technologies numériques influenceront égalementl e métier de médiateur numérique. Big data, intelligence articificielles et objets connectés vont très rapidement impacter la vie des personnes: vie privée, sécurité, santé,… Permettre au public d'évoluer dans ce contexte indédit en développant sa maturité numérique constitue l'enjeu majeur de la médiation. Le travail d'accompagnement du médiateur s'en trouvera fortement influencé. Il devra notamment maîtriser les techniques de coaching et d'éducation aux médias. Enfin le médiateur devra développer son expertise grâce à une veille, tout en observant une neutralité dans les choix technologiques. Entre évolution technologique et sociétale, le développement des Smart Cities et autres territoires connectés constitue également un facteur d'influence du métier de médiateur numérique. Les espaces de médiation numérique deviendraient alors des relais locaux dont le rôle consistera à permettre l'appropriation des services de la Smart City par la population. Ici, l'enjeu est de confirmer le rôle central des EPN en matière de citoyenneté numérique.

 

Accueillir, accompagner et animer

C'est en 2011 que le Centre de compétences Technofutur TIC a développé un référentiel métier. Il s'articulait sur 3 piliers d'activités: l'animation multimédia comme telle ; les activités d'accompagnement à connotation sociale ou culturelle et les activités liées à la maîtrise technologique. Au coeur du métier donc, la capacité à concevoir et mettre en œuvre des animations multimédia et la nécessité d'entretenir et d'actualiser ses compétences. Plus globalement, il s'agissait aussi d'assurer la gestion et la communication de et autour du projet de l'EPN et d'assurer la maintenance technique du lieu, Il s'agissait enfin de contribuer à l'animation locale du territoire. C'est le même type d'articulation qui a été retenu par les experts qui ont eux aussi identifié 3 pôles d'activités: l'animation de groupe, dont des animations à vocation formative; l'accompagnement de projets individuels et la maîtrise des technologies numériques. Le référentiel retenu s'articule autour de 7 activités. Celle liée à l'ouverture et à l'accueil des publics; l'accompagnement, en ce compris les différentes étapes nécessaires à la mise en place d'une animation de groupe comme l'analyse de la demande et des besoins, la conception d'un programme, la conception des scénarios d'animation, organisation et la conduite des activités d'animation et l'évaluation. Il s'agit encore et toujours de gérer le fonctionnement des lieux, de développer son professionnalisme et son expertise, d'assurer la communication externe des projets et de s'impliquer et de développer l'éco-système local.

Tags : Médiation Numérique

Fake news : 55 propositions citoyennes

Le 31 mai dernier la consultation en ligne appelant les citoyens à proposer les mesures les plus appropriées pour lutter contre les fake news s’est terminée. Le site proposait aux internautes de voter pour 8 propositions officielles tout en permettant d'en poster de nouvelles (2 maximum par utilisateurs). En mois, le site Stopfakenews.be a ainsi récolté 55 propositions citoyennes qui feront l’objet d’un rapport attendu fin de ce mois juin. En parallèle, le Ministre De Croo a convoqué un groupe d'experts appelés à formuler des recommandations politiques doublées de propositions concrètes visant à mettre en place en Belgique un "laboratoire" destinés à lutter contre les fake news et la désinformation.

 

Sur la table des questions telles que: "Comment, en 2018, les citoyens peuvent-ils distinguer les sources d'information fiables et moins fiables en ligne ? Comment pourraient-ils avoir accès plus facilement à un contenu plus diversifié sur internet ? Quelles mesures les plateformes doivent-elles prendre pour lutter contre les fake news et la désinformation en ligne? Et quel est le rôle que peuvent jouer les réseaux d'experts et les parties prenantes?

 

Même processus anti fake news en Europe

Ce faisant, le Ministre choisit un parcours similaire à celui de la Commission qui a réalisé l'année passée une consultation publique sur le sujet, et réuni un groupe d’expert sur base des conclusions desquels la commission a publié le 26 avril dernier une communication sur la lutte contre les fake news et la désinformation. L'exécutif européen avance différentes propositions dont d'ici fin juillet la création d'un code de bonnes pratiques. Ce faisant, elle renvoie la patate chaudes aux plates-formes en ligne qui doivent s'autoréguler afin de garantir la transparence du contenu sponsorisé, en particulier de la publicité à caractère politique.

 

 

 

Plus de transparence sur les algorithmes

Les plates-formes sont également invitées à plus de transparence en ce qui concernent le fonctionnement de leurs algorithmes et de leur modèle publicitaire en ligne. La Commission leur demande de prendre des mesures pour repérer et fermer les faux comptes et s'attaquer au problème des robots informatiques. Si les progrès réalisés ne sont pas satisfaisants, la commission n'exclut pas de prendre des mesures de nature réglementaire. " Nous voulons que d'ici juillet, ils s'accordent sur un code de bonnes pratiques pour lutter contre la désinformation", a déclaré Mariya Gabriel, la Commissaire européenne au numérique, les exhortant devenir des acteurs responsables. " Nous allons attendre des résultats visibles et mesurables en octobre et ensuite nous nous réservons le droit de décider en décembre de l'opportunité d'avoir des mesures supplémentaires"

 

Semaine européenne de l'éducation aux médias

La commission préconise encore la création d'un réseau européen indépendant de vérificateurs de faits, qui aurait pour mission d'établir des méthodes de travail communes, d'échanger les meilleures pratiques et de parvenir à la couverture géographique la plus large possible de l'UE en matière de corrections factuelles. Elle compte prendre une série d'actions visant à encourager un journalisme de qualité et à promouvoir l'éducation aux médias notamment par l'organisation d'une semaine européenne de l'éducation aux médias

 

Ne pas légiférer

Au niveau belge, sur le site Stopfakenews.be, la proposition officielle qui a connu le plus de votes est "Il ne faut rien faire. L'internet doit rester libre et ouvert (avec 67 votes). Elle rentre en écho avec la proposition citoyenne numéro 1, celle postée par Vincent Flibustier: "Eduquer à l'esprit critique au lieu de censurer les contenus" Un voeu partagé par Patrick Verniers, Président du CSEM (Conseil Supérieur de l'Education aux Médias) dans une carte blanche publiée à l'occasion dans la Libre: "Il y a 2 risques à tenter de légiférer en la matière. Le premier est lié aux valeurs fondamentales de nos démocraties: la liberté de la presse et la liberté d'expression. Légiférer risque en effet d'introduire des intermédiaires et des filtres, voire de nouvelles formes de censure, entre le citoyen et les journalistes ou entre les citoyens eux mêmes. Le doit d'informer et de s'informer librement doivent être préservés. Un deuxième risque est celui de l’ inefficacité de mesure visant à contrôler les médias d'information ou la diffusion de l'information sur les réseaux sociaux. Comment imaginer que des législations nationales puissent réellement atteindre leurs objectifs, sans entraver les libertés fondamentales, dans un système médiatique qui dépasse largement le périmètre des nations et des institutions ?"

 

Tags : éducation aux médias

Utopia, la citoyenneté selon Minecraft

Il devait durer 4 mois. L’atelier en est à sa deuxième année. Deux mardi soir par mois, des ados se réunissent à l’EPN de Neufchâteau pour constuire leur cité idéale. L’idée est partie des 500 ans du livre Utopia de Thomas Moore. Pourquoi ne pas proposer aux jeunes de créer leur propre vision de la ville parfaite? La plupart d’entre eux connaissent Minecraft. C’est un bon moyen de capter leur attention pour faire avec eux un bout de route sur le chemin de la citoyenneté. Christophe Van Goethem, animateur à l’EPN de Neufchâteau, a présenté son projet lors de la 13è journée des EPN qui s’est tenue à la Bourse de Namur le 8 juin dernier

 

Christophe Van Goethem: "le jeu est un outil on ne peut plus intéressant pour capter l’attention des enfants. Dès qu’ils voient Minecraft, ils se jettent dessus. L’utiliser dans un EPN offre beaucoup d’avantages. Le jeu est bon marché (24 euros par licence ordinateur et 60 € par an pour un serveur illimité) et très évolutif. On peut l’utiliser pour faire de la remédiation en maths ou du pixel art. Très vite, au fur et à mesure qu’ils accomplissent des petites tâches répétitives et que la confiance grandit, on arrive avec les jeunes à des choses beaucoup plus complexes. C’est là que cela devient intéressant. Il existe un mini bouquin qui s’appelle "Coder avec Python avec Minecraft dès 10 ans". Il vous suffit de télécharger la version 1.1 de Minecraft. En 3 commandes en python, vous programmez avec eux."

 

Espace de liberté numérique

C’est dans le cadre d’un atelier dédié à la citoyenneté que Christophe a "hacké" Minecraft. "Je voulais susciter une réflexion chez les ados en leur donnant un espace de liberté. Le pitch du projet, c’est de réfléchir et jouer ensemble à ce que pourrait être une ville idéale. L’espace de liberté, c’est Minecraft". A une condition: Utopia, la ville parfaite, sera aussi réfléchie au niveau des lois du vivre ensemble. "Le premier atelier a réuni 9 personnes. Ils ont choisi l’objet de la cité: ce serait l’épanouissement de chacun. Le groupe est passé à 10, 16 et maintenant 20 personnes. Cela devait durer 4 mois, on en est à la deuxième année. Aujourd’hui, je cherche d’autres EPN partenaires, pour avancer dans Utopia. J’aimerais développer le thème des réfugiés."

 

Réfléchir à l'organisation de la société

Dans Minecraft, Utopia est axé sur l’hôtel de ville (grec) et sur un grand espace de discussion. En dessous existe un entrepôt commun à la ville. "Du coup, ils partagent tout. Dans Utopia, chacun a son logement. Pour se nourrir, la culture et l’élevage se développent. La communauté des jeunes a décidé d’industrialiser au maximum les tâches pesantes afin de dégager du temps pour se faire plaisir. Dans Utopia, le vote est obligatoire mais c’est la règle de la majorité des 3/4 qui prévaut. 51%, cela ne sert à rien, il y a autant de mécontents que de satisfaits. Il faut savoir prendre du temps pour éviter d'en perdre en amendements. Voilà le genre de décision à laquelle le groupe arrive. Cela pousse à réfléchir à la façon dont on organise la société."

 

Triangulation de parole

Concrètement, les jeunes se réunissent à l’EPN deux fois par mois, le mardi soir, de 18h30 à 21h30. Il y a 12 PC et 8 licences Minecraft. Le groupe se réunit, fait le point sur la séance précédente et l'état des projets pour travailler sur un thème particulier. Vient un moment de table "sandwich soda", sans écran. Il permet de discuter d’autre chose ou de revenir sur tel ou tel point. Après, le groupe "joue" à faire grandir Utopia. Quelques règles simples installent la convivialité et le respect de soi et des autres. On parle correctement, on s’adresse toujours en commençant par "Je pense", "Mon avis est que", et on utilise la trianguliation de la parOle. "Ils ne s’adressent jamais directement aux autres. Ils passent par moi. Cela permet de se centrer sur les idées et d’éviter les attaques personnelles. Une fois qu’on est intervenu, on attend que tout qui souhaite s’exprimer sur le sujet l’ait fait avant de prendre à nouveau la parole. Pour moi, cela fait partie de l’éducation à la citoyenneté. D’ailleurs les jeunes voient que la méthode donne de bons résultats. Je pense qu’ils l’adoptent en partie. En tout cas, leur comportement évolue. Dans le groupe de 10, il y a maintenant 1 arbitre, 3 délégués de classe et 2 qui font du bénévolat. On voit qu'ils s'investissent, qu'ils trouvent leur place dans la société."

 

Tacler le populisme

"Règulièrement, j'invite des intervenants officiels à intervenir, comme le Président des tribunaux d’Arlon. On parle justice. Car dans Utopia, comme l’argent est banni, il ne peut pas y avoir d’amendes. Reste deux peines: la privation de liberté et le travail d’intérêt général. Ce n'est pas si simple de trancher. Le fait d'être confronté à des questions de choix de société permet d'éviter les avis tranchés comme "tous pourris". Faut-il ou non retirer le permis de conduire à un conducteur de taxi, seule source de revenus dans son ménage, qui boit. Quand c'est vous qui devez prendre la décision, ce n'est pas si simple. Sur Utopia, la particratie est Interdite. En septembre, le groupe abordera le thème de la sociocratie."

 

Place des utopies

"Au terme de l’atelier des 4 premiers mois, on a organisé une soirée de gala. On l’a appelé la Place des Utopies. Les jeunes ont présenté Utopia. J’ai invité le Gouverneur de la province, le bourgmestre, les députés provinciaux, les partis politiques, les syndicats, bref tout un tas d’adultes pour qu’ils écoutent ce que les jeunes ont a leur dire. Après, il y avait une conférence et puis on a refait le monde autour du bar. L’événement a réuni plus de 100 personnes. Cela peut créer une réelle dynamique communale."

Tags : citoyenneté

Dans la peau d'un algorithme !

A la base, c’est Jeremy Grosman, chercheur à l’Unamur sur les algorithmes, venu à l’assemblée Générale pédagogique d’Actions Medias Jeunes, qui a présenté un jeu permettant d’incarner des algorithmes de classement de films à partir de plusieurs bases de données.

 

Maxime Verbesselt, Animateur en éducation aux médias: "On s’est dit qu’on pourrait partir de là pour faire une chouette animation On est parti du jeu de départ dont on a considérablement simplifié l’animation tout en repensant le contenu en fonction de notre public: les jeunes. Nous voulions également intégrer aux règles la notion de "personnalisation". Elle était absente du jeu de base et cela nous semblait primordial lorsque l’on parle d’algorithmes."

 

Créer un algorithme de recommandation Youtube

L’idée est de mettre les participants dans la peau d’ingénieurs qui doivent créer des algorithmes de recommandation pour Youtube. A la fin de l’animation, on regarde les résultats et on ouvre la discussion sur les enjeux liés aux algorithmes de recommandation en partant de celui de Youtube, puis en élargissant aux autres du même type (Spotify, Amazon,…) et puis aux algorithmes en général (fil d’actualité Facebook, résultats de recherche Google, etc.) On peut mieux se rendre compte ainsi des questionnements qui animent ceux qui doivent élaborer ce type d’algorithme, des biais dépendant des représentations et des objectifs des concepteurs et du décalage qu’il y a entre l’intention de départ du calcul et du résultat.

 

Trois groupes

Le jeu s’adresse à des groupes de 10 à 20 personnes. "Ils doivent programmer un algorithme qui conseille des vidéos aux utilisateurs de Youtube. On les divise en trois groupes, et chaque groupe doit réaliser son algorithme à partir de données différentes. Il y a un groupe objet, un groupe profil et un groupe interactions.»

 

Données vidéos

Le groupe objet a des données liées aux vidéos (nombre de vues, de likes, de dislikes, d’abonnés à la chaine, la date de mise en ligne…). Il doit réaliser un algorithme qui classe les vidéos pour n’importe quel utilisateur. Il élabore sa formule à partir d’un premier jeu de vidéo, puis l’applique à deux autres jeux qui arrivent par la suite sans avoir le droit de modifier son algorithme en fonction des nouvelles vidéos. Ils ont le droit d’utiliser les données qu’ils veulent, qui leur semblent pertinentes.

 

Données liées aux public

Le groupe profil a des données liées au public de la vidéo (âge, genre, région géographique) et doit faire un algorithme qui s’adresse à un profil particulier, celui de Janelle Plus tard, ils reçoit un deuxième profil, celui de Nicolas. Le groupe "interactions" reçoit lui une liste de personnes qui ont vu certaines vidéos que Janelle et Nicolas ont vu et d’autres non. A partir de cette liste, il doit donner un score aux différentes personnes et l’appliquer aux vidéos qui n’ont pas encore été vues par le profil pour parvenir à un classement.

 

Susciter le débat

Lorsque les trois algorithmes ont été créés, chaque groupe présente le sien en expliquant sa démarche. Ensuite, ils doivent imaginer ensemble un "méta-algorithme» qui classe pour les deux profils les vidéos à partir des trois premiers algorithmes. A nouveau, libre à eux de choisir un, deux ou les trois algorithmes et de pondérer leur importance. A la suite de ça, on compare ce qui ressort de leur algorithme avec le classement réalisé par Nicolas et Janelle (qui sont donc de vraies personnes) lorsqu’ils ont regardé les vidéos. Cela permet d’ouvrir la discussion : est-ce qu’un algorithme de recommandation est pertinent? Y a-t-il des alternatives? Quel est l’objectif poursuivi par Youtube? Etc".

 

Réfléchir les algorithmes

Action Media Jeunes a testé le jeu avec des ados à partir de 15 ans. "Plus jeunes, cela me semble difficile en l’état. Par contre, cela peut très bien être utilisé avec des groupes d’adultes. Nous avons fait l’animation dans deux classes de rhétos spéciale math, une classe de cinquième technique de transition et une classe de cinquième option informatique.

 

Un premier bilan? "Cela rencontre tout à fait nos attentes en matière de réflexion et d’esprit critique. On a eu des méthodes algorithmiques très différentes d’un groupe à l’autre, et des questionnements également sensiblement différents: alors qu’un groupe privilégiait l’idée d’essayer de favoriser la diversité et les vidéos ‘outsiders’, un autre mettait un point d’honneur à créer un algorithme qui soit neutre au niveau du genre des utilisateurs par exemple. Le format de l’animation permet justement de rencontrer les enjeux propres au groupe qui participe. On a quand même été assez étonné du niveau de compréhension assez élevé des algorithmes par les groupes test – mais il faudrait sans doute un échantillon plus large pour le confirmer."

 

Dans un EPN?

L’animation pourrait elle être reproductible dans un EPN ? "Oui, à condition d’avoir des tables, des chaises et un tableau. C’est typiquement une animation "sur papier" qui pourrait donc être réalisable n’importe où. Le public des EPN me semble être pertinent dans la mesure où cela permet de réfléchir aux enjeux plus sociopolitique (et économiques) tout en gardant une dimension technique. On pourrait imaginer une version également "informatisée», notamment dans un gain de temps au niveau des calculs… C’est en réflexion."

 

 

Tags : Usages

Le Web dans le jeu démocratique

Une thématique passionnante aux mille facettes. C’est ainsi que Périne Brotcorne parle du rapport entre la démocratie et le Web. Pour la chercheuse senior à la Chaire Travail-Université de l’UCL, la compréhension du fonctionnement des algorithmes est un enjeu démocratique majeur car ceux-ci façonnent une vision du monde, des formes d’organisation de la société et de l’espace public particulières.

 

Si l'affaire Cambridge Analytica a fait scandale, ce n'est pas uniquement en raison du siphonnage des données personnelles de dizaines de millions d'internautes. C'est aussi parce que la volonté de la société britannique de data marketing était de les utiliser à des fins de prédictions comportementales. L’objectif: orienter le vote de certains internautes ayant le profil de données ad hoc en faveur de Donald Trump, quitte à guider leur choix par du contenu inventé de toute pièce. Mais est-ce que ce principe de prédication par les traces est vraiment inédit?

 

Ouvrir la boîte noire

Périne Brotcorne: "Pas du tout: c’est l’un des moteurs du fonctionnement actuel des grandes entreprises comme Facebook, Google ou Amazon. C’est pour cela qu’il faut ouvrir la boîte noire des algorithmes, il faut en comprendre le fonctionnement car nous sommes face à un réel enjeu démocratique. Ces deux dernières années années, on a assisté à l'émergence de 2 dynamiques majeures dans le chiffrage de la société : la collecte massive des données et leur traitement par des algorithmes. Les instructions mathématiques que l'on donne aux ordinateurs sont à la base de nombreuses décisions qui nous concernent au quotidien, et dont on n'est pas toujours conscient. Il ne faut pas croire que ces calculs sont neutres et objectifs. Derrière ces données, il y a un système de valeur, des normes bien précises. Les algorithmes sont porteurs des valeurs de leur concepteur et de leur vision du monde. En levant le voile sur leur fonctionnement, nous allons capturer leur vision du monde et prendre conscience des choix politiques qui se cachent derrière les formules"

 

Nous sommes résumés à notre comportement

"Avec les algorithmes de prédiction comportementale, le futur de l'internaute est prédit par le passé des internautes qui lui ressemblent. L’algorithme calcule le profil d’un utilisateur à partir des traces de ses activités et apprend en comparant son profil à ceux d’autres internautes qui ont effectués les mêmes actions que lui. Puis il va tenter de prédire et d’induire de nouvelles actions. C'est ainsi qu'Amazon va pouvoir nous proposer un produit que nous n’avons pas encore acheté parce que des internautes qui ont un profil similaire, eux, l’ont acheté. Pour la chercheuse, cela pose des enjeux en matière d'égalité sociale. "Nous devons faire face à un comportementalisme radical dans lequel l’individu est ramené, résumé à ses seuls comportements. A côté des questions éthiques qui tournent autour de la préservation de la vie privée, de la protection des données personnelles, la prédiction comportementale par les algorithmes disqualifie le jugement des internautes au bénéfice de leur conduite, de leur comportement réel ou implicite. Le jugement de l'individu disparaît derrière son comportement.

 

L’espace public de plus en plus fragmenté

Les algorithmes produisent également un effet d’enfermement qui pousse à une fragmentation de plus en plus grande de l’espace public. "Ce sont ces fameuses bulles qui automatisent et uniformisent nos pratiques de consommation ou nos opinions. Les internautes sont de moins en moins confrontés à la diversité, à la divergence d'opinions ou de point de vue. Cette division de l'espace public sera d'autant plus dangereuse qu'on n'en aura pas conscience. C'est une fabrique de conformisme où chacun risque de rester bloqué dans sa sphère. Mais alors, quid de l'intentionnalité et du libre arbitre? Quelle est la perspective d'émancipation lorsque les désirs précèdent l'individu. C'est un renversement de perspective, la fabrique d'une société par le bas. "Ce faisant les algorithmes fragilisent le commun et le vivre ensemble. C'est pourquoi il faut à mon sens devenir un internaute entrepreneur de soi. Il faut sortir du moule pour entrer, comme le dit Dominique Cardon, en mode manuel et dérouter les algorithmes"

Tags : citoyenneté - éducation aux médias

CiLo, le Crowfunding des Initiatives Locales

Début mai, le Bureau Economique de la Province de Namur a présenté CiLo, un nouveau service de financement participatif d'initiatives locales. Grâce au Crowdfunding, le BEP souhaite doter la Province de Namur d'un outil original d'animation et de dynamisation du territoire en proposant une alternative aux solutions classiques de financement.

 

François Laureys, chef de projet:"L'idée est de donner une visibilité aux (porteurs de) projets du territoire namurois et de favoriser la création d'une communauté interagissant autour d'initiatives locales. Pour pouvoir être publiés sur notre plate-forme, celles-ci doivent avoir un lien direct avec la Province de Namur: soit parce qu'elles concernent une commune, une localité, un organismé située dans le namurois; soit parce qu'elles sont portées par des habitants de la Province. En outre, les projets doivent être intégrés dans le tissu urbain ou rural et relever un défi du territoire."

 

Favoriser la cohésion sociale

D'autres critères encore pris en compte : seront favorisés les projets culturels, sociaux et/ou associatifs stimulant la cohésion sociale, témoignant de créativité, faisant preuve d'innovation, s'inscrivant dans une logique durable ou encore prenant en compte la réalité des personnes à mobilité réduite. Le comité de sélection de l'équipe du BEP pourra s'appuyer 4 partenaires rassemblés dans un comité d'avis : La Fondation Roi Baudouin pour son expertise en matière de sélection de projets et déductibilité fiscale ; La Fondation Rurale de Wallonie pour son ancrage et ses liens avec les acteurs du développement rural ; le réseau Financité pour sa maîtrise des financements alternatifs et le Smart City Institute pour le volet Smart région. Ceux-ci seront systématiquement consultés pour tout projet dépassant 10.000 €.

 

Formés et informés

C'est le français EasyCrowd qui a été choisi pour développer la plate-forme du BEP. Pourquoi une plate-forme propre plutôt qu'une solution existante comme Kiss Kiss Bank ? François Laureys : "Nous ne voulions pas être noyés dans la masse des projets. Il s'agit avant tout de donner une visibilité et un appui aux initiatives locales, de permettre une interaction entre les donateurs et les porteurs de projets, de créer une dynamique territoriale. Pour mener à bien le développement de CiLo, nous nous sommes entourés de deux initiatives belges: la ville de Gand qui a lancé sa propre plate forme Crowdfunding Gent et la plate forme bruxelloise Lita.Co qui elle nous a beaucoup aidé sur l'accompagnement des projets" Il s'agit également d'encadrer dès le départ les porteurs de projets. Sophie Marlet, Projets Internet et communication: "Entre le moment où le projet est soumis et accepté et celui où il est posté, il se passe 1 mois. Nous informons les porteurs de projets et les formons au mécanisme du crowdfunding. Nous apportons également une aide sur tout le volet communication et promotion."

 

La Province partie prenante

La Province de Namur est partie prenante pour ce volet. Sa cellule audiovisuelle va proposer aux porteurs de projet des services comme de la fourniture de vidéos, du coaching ou de la présentation des projets. Sophie Marlet : "Réaliser un dossier, choisir les bons supports visuels, se rendre visible auprès des donateurs potentiels, les porteurs des projets retenus sont accompagnés pas à pas." En échange de ses services, le BEP demande une commission de 5% sur les fonds levés, notamment pour la prise en charge des frais liés aux transactions financières et uniquement si la campagne aboutit.

 

Verdur Rock, Incroyables Comestibles & Flory

Au moment du lancement de CiLo, l'idée était de ne pas montrer au public une plate-forme vide. François Laureys: "Nous avons sélectionné trois premiers projets qui ont particulièrement été "entourés". Le premier, "Faisons revivre le Verdur " veut redynamiser le festival Verdur Rock. L'objectif de de la levée de fonds est 15.000 €. Les "Incroyables comestibles de Sombreffe" sont une émanation de Sombreffe en transition. Le but de cette levée de fonds, d'un montant souhaité de 1000 €, est d'installer des bacs de légumes partagés dans plusieurs lieux de passage du centre de Sombreffe, de planter des arbres fruitiers le long du Ravel et de sensibiliser les habitants à la faune et la flore locale. Avec Flory, il s'agit pour l'Office de Tourisme de Floreffe de plancher sur du tourisme familial et participatif. Avec les 8500 € espérés, le syndicat d'initiatives veut créer de nouveaux produits touristiques destinés aux familles comme l'appli de jeu gratuite "Les Mystères de Flor" en cours de développement par l'agence N-Zone.

 

Deux niveaux de soutien

Les institutions et organismes intéressés peuvent s'engager sur Cilo.bep.be à 2 niveaux. Les sponsors soutiennent des projets qui répondent à leurs propres critères. "Cela peut être une commune qui voudrait par exemple soutenir des projets d'appropriation d'espaces urbains portés par les habitants". Les Mentors peuvent eux organiser, en collaboration avec le BEP, leurs propres appels à projets. Les lauréats des appels seront alors invités à compléter leur budget par une levée de fons sur la plate forme CiLo. Un système de mécénat est également mis en place. Il permet à des entreprises privées qui le souhaitent de soutenir de manière visible un projet ou type de projet en l'associant à leur image. CiLo devrait accueillir de nouveaux projets à la rentrée

Tags : territoire numérique

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5 nouveaux EPN labellisés

5 nouveaux EPN ont été labellisés lors de la réunion du Comité de labellisation du 17/04/18 :

Il s'agit de :

  • La Ville de Liège (Bibliothèque Saint-Léonard)
  • La commune d'Aubange
  • La commune de Courcelles
  • La commune de Sombreffe
  • La commune de Dison

4 EPN ont été délabellisés à leur demande ou sur constat de fermeture :

  • La Roche-en-Ardenne
  • Lierneux
  • Tubize
  • Andenne Peu d'eau

Cela porte le nombre d'EPN à 174 sur 130 communes !

Tags : labellisation

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