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Les EPN au coeur de l'axe citoyen du plan du numérique  

Connectivité haut débit, cartographie des usages, soutien de l'innovation, couverture plus large du territoire wallon, socle commun de compétences numériques de base du citoyen : les Espaces Publics Numériques sont une des priorités du plan du numérique : leur rôle va être conforté et leurs missions renforcées. La première étape de ce redéploiement passe par la reconduction, en octobre dernier de la convention qui lie le centre de compétences de Technofutur TIC à l'accompagnement du dispositif des Espace Publics Numériques de Wallonie. Le point avec son coordinateur, Eric Blanchart.

 

Les EPN à nouveau accompagnés

En 2014, la convention soutenant le dispositif d'accompagnement des EPN n'a pas été renouvellée. Où en est-on aujourd'hui? Eric Blanchart : «Depuis, nous avons changé de tutelle et il a eu cette vaste consultation qu'on a appelé le printemps du numérique, qui a abouti au plan du numérique. Une convention de transition pour l'année 2015 a été signée en octobre et une convention pluri-annuelle devrait encadrer le dispositif à partir de l'année prochaine. Technofutur avait pris l'option de continuer l'animation sur fonds propres en attendant la redynamisation du dispositif : aujourd'hui, les EPN sont à nouveaux accompagnés. Et il est apparu au terme du travail dans les différents sous-groupes impliqués dans le printemps du numérique qu'ils figurent au cœur de l'axe citoyen du plan numérique.»

 

Un socle commune de compétences numériques

Pour quels projets ? Eric Blanchart : «La connectivité tout d'abord. Les EPN sont en demande de bande passante, tout comme les écoles et les bibliothèques. On estime en Fédération Wallonie Bruxelles que la bande passante minimum, pour une structure qui accueille du public, est de 30 Mo. Or un EPN sur trois ne dépasse pas les 3 Mo. Ils devraient être inclus dans le plan général de connectivité haut débit du plan pour des flux, en 2016, pouvant atteindre les 30 à 50 Mo. Dans ce but, nous allons identifier les freins techniques, géographiques ou hiérarchiques existant. Notre nouvelle tutelle nous demande également une cartographie des pratiques et des usages afin de travailler à définir, en collaboration avec les EPN, un socle de compétences numériques de base du citoyen, sachant qu'on brasse un très large public par de très nombreuses activités de sensibilisation, de formation et d'animation.»

 

75 nouveaux EPN

Eric Blanchart : «Il y a aussi une volonté d'élargir la couverture géographique du réseau des EPN. On compte aujourd'hui un peu plus de 150 espaces dans une centaine de communes. Idéalement, les 2/3 des communes wallonnes devraient pouvoir disposer d'un EPN dans les 2 années à venir, ce qui suppose la mise en place de 75 nouveaux espaces environ. C'est dans cet objectif qu'une étude d'aide à l'équipement est en cours. Mais les structures existantes ne devraient pas être oubliées. Les EPN prenant l'initiative de se labelliser devraient pouvoir avoir accès à ces incitants matériels, tandis que des appels à projet soutenant les actions innovantes seraient émis à destination des EPN déjà labellisés. Tout cela sera évoqué lors de la traditionnelle journée des EPN qui se tient à Namur au Palais des Congrès le 4 décembre prochain. »

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Inclusion numérique : les EPN dans le comité de suivi de projet d'IDEALIC

Le projet de recherche IDEALIC est porté conjointement par la Fondation Travail-Université et par SMIT. Son propos est d'explorer de quelles manière des politiques et des initiatives en matière d'e-inclusion peuvent fournir des solutions face aux nouveaux mécanismes d'exclusion qui se mettent en place avec le « virage numérique ». Ce projet sur 4 ans prévoit une série de workshops dans les années 3 et 4, pour lesquels le réseau des EPN sera sollicité.

 

Contact avec les acteurs de terrain

Gérard Valenduc, professeur invité à l’UCL et à l’UNamur, directeur de recherche à la Fondation Travail-Université : « Eric Blanchart est dans le comité de suivi du projet, de même que Stephan Platteau pour la coordination bruxelloise CABAN et Laure Van Hoecke pour LINC en Flandre. Nous avons par ailleurs demandé au réseau Wallon des EPN d'alimenter le blog et l'agenda du site d'Idealic, et nous comptons bien sûr sur eux pour le travail prévu avec les acteurs de terrain. « 

 

Bilan des propositions existantes en matière d'inclusion numérique

Le budget alloué par la Politique Fédérale (Belspo, dans le cadre du volet « Digital Turn » de son programme Brain-Be) est d'environ 320.000 € pour chaque équipe de recherche, plus un petit complément pour SMIT pour la coordination. Gérard Valenduc : «On prévoit pour la première année une réévaluation approfondie de certains concepts dont nous pensons qu’ils sont en train de changer de nature, comme le concept d’inclusion numérique, d’exclusion numérique, leurs liens avec l’inclusion/exclusion sociale, la notion d’autonomie par rapport aux usages du numérique et l’évolution de cette notion tout au long du parcours de vie, la notion de compétences numériques. Nous allons également effectuer une analyse statistique secondaire des données belges de l’enquête Eurostat sur les usages des TIC par les individus et les ménages, de manière à aller au-delà des statistiques descriptives et à hiérarchiser les facteurs d’exclusion numérique. » Les chercheurs réaliseront également un bilan des propositions existantes en matière de politique d’e-inclusion au niveau national et régional, à ce stade, essentiellement à partir des travaux antérieurs de SMIT et FTU.

 

Réfléchir aux mécanismes d'exclusion

Les deux équipes de recherche vont également tenter de répondre à cette question : les institutions qui conçoivent des services numériques réfléchissent-elles anticipativement aux mécanismes d'exclusion numérique ? Et dans quelle mesure mettent-elles en œuvre des actions pour s'assurer que tous les citoyens peuvent utiliser leurs services numérisés de façon autonome ? Ces questions seront réalisées à travers 3 études de cas à réaliser auprès de service de mobilité, de service de santé et du portail Brussels.be

 

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Le point sur l'accès à Internet en Belgique - Mise au point sur les enjeux du numérique

Comme chaque année, les chiffres du SPF économie sur l’évolution de la société de l’information en Belgique, dans le cadre des objectifs du « Digital Agenda for Europe », sont disponibles et permettent d'analyser l'évolution de l'accès aux TIC de la population belge.

Comme avec le Baromètre TIC 2014 de l'AWT, les chiffres du SPF nous permettent de mettre à jour nos indicateurs pour 2014. Alors, qu'en est-il de cette fameuse fracture numérique ?

Selon le SPF, 80 % des ménages belges disposent d’une connexion internet et 82 % sont équipés à leur domicile d’au moins un ordinateur. L’ordinateur demeure l’appareil le plus utilisé pour se connecter à internet. Les appareils mobiles connectés à internet s’inscrivent en forte hausse. L’e-banking et la communication sur les réseaux sociaux arrivent en tête des activités pratiquées par les Belges sur internet.

Pour l'AWT, Au niveau des usages TIC des citoyens , 80% des Wallons ont utilisé Internet dans l'année mais surtout 70% l'ont utilisé de manière pratiquement quotidienne, confirmant une intensification toujours plus grande des usages. Au niveau des citoyens wallons:

  • 68% des citoyens (15 ans et plus) lisent ou envoient des e-mails,
  • 48% participent à des réseaux sociaux ou professionnels,
  • 45% effectuent des opérations bancaires en ligne,
  • 48% ont visité des sites Web administratifs dont principalement celui de leur commune (43%),
  • 31% publient des contenus sur le Web en dehors des réseaux sociaux (photos, blogs, sites web personnels)

Toutefois, 20% des wallons restent en fracture numérique d'accès et ne peuvent donc pas tirer directement profit des facilités d'Internet. Les chiffres nous montrent dès lors que la fracture numérique, si elle a diminué chaque année jusqu’en 2011, se stabilise depuis lors. Ce qui pourrait indiquer qu’on atteint progressivement un seuil incompressible ou difficilement réductible par les politiques traditionnelles en matière d'e-inclusion. 

Pourquoi alors une politique de médiation numérique est-elle toujours d'actualité ?

Parce que nous ne sommes pas tous égaux face au numérique.
Le fossé numérique, qui caractérise les disparités d'accès et d'utilisation de l'informatique et de l'internet, est lié à trois facteurs principaux :

  • générationnel : en fonction de l'âge
  • social : selon le niveau de revenus
  • culturel : selon le niveau d'instruction

Cependant, nous sommes face à « une cible mouvante » : nous ne pouvons pas nous contenter de catégoriser les « exclus du numérique » en fonction de ces critères simples. Certes l’absence de connexion est majoritaire dans trois populations : les retraités, les non‐diplômés et ceux dont le revenu est le plus faible. Mais les catégories se croisent : les seniors peuvent être parfaitement socialisés mais peu attirés par le numérique ou au contraire socialement et géographiquement isolés mais actifs sur les réseaux ; des jeunes qui vivent dans la rue, sans travail, sans toit, peuvent être complètement à l’aise avec le numérique, etc..

En 2013, le numérique a toujours des effets majeurs sur l'inclusion et l'exclusion sociale, mais ceux‐ci sont devenus à la fois plus complexes, plus profonds, plus imbriqués.

Parce que le numérique impose un mouvement permanent d’évolution et parce que chacun ne dispose pas de la même agilité d’adaptation.
Ceux qui sont d'une manière ou d'une autre empêchés d'accéder au numérique, ceux qui peinent à s'adapter aux changements qui accompagnent le numérique se trouvent pénalisés. La pauvreté, le chômage, l’isolement et la précarité, le manque de diplôme et de formation sont aujourd’hui aggravés et parfois provoqués par le manque d’expérience et de culture numériques. Les handicaps temporaires et durables ‐ le grand âge, la détention, le fait d’être étranger en attente de régularisation ‐ induisent également des empêchements qui combinés au numérique limitent la participation à la société et l’exercice des droits.

Parce que la génération Y relève d’un mythe.
Le mythe des « digital natives » tombe. Alors qu’il justifie les politiques attentistes (il suffit de laisser les jeunes déjà formés au numérique arriver sur le marché du travail et d’attendre la transition démographique), les travaux scientifiques montrent la diversité des pratiques des outils numériques chez les jeunes et l’écart entre la capacité à les utiliser et la capacité à en tirer profit dans les études, l’emploi,... Il faut nous débarrasser des idées reçues sur les nouvelles générations et leur relation au numérique pour prendre au sérieux la question ambitieuse de la littératie numérique des jeunes de tous âges.

Parce ce qu’il convient renforcer le « pouvoir agir » collectif.
Le numérique est porteur de nouvelles formes de « vivre ensemble ». Si être « inclus », c'est être citoyen, c'est aussi s'exprimer et agir sur son destin comme sur son environnement. Dissocier la capacité d’action collective de l’inclusion, ce serait alimenter le rejet de la politique, mais aussi participer à un cercle vicieux de marginalisation qui peut prendre la forme d’une perte de civilité, d’attirance pour des extrémismes politiques ou religieux, etc.

L’une des plus formidables promesses du numérique est l'augmentation du « pouvoir d'agir » des individus, des « consommacteurs ». Si cette promesse s'avérait fausse pour les publics qui connaissent déjà des difficultés, le numérique alimenterait alors l'exclusion plutôt que l'inverse.

(Recommandations d'après rapport intitulé « Citoyens d’une société numérique – Accès, Littératie, Médiations, Pouvoir d’agir: pour une nouvelle politique d’inclusion » du Conseil National du Numérique - www.cnnumerique.fr/inclusion/)

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La charte pour l'inclusion numérique et sociale a 10 ans

charteQue le temps passe vite. Tandis qu'on assiste au passage de la notion de fracture numérique à l'e-inclusion et qu'on appelle les EPN à embrasser les nouveaux défis de l'inclusion numérique, la charte européenne pour un « environnement d'e-learning socialement inclusif » fête ses 10 bougies. Juan Pedregosa, Responsable de projet ITD, en est un des initiateurs  : «C'était l'époque de l'Internet par modem. La fracture numérique était bien concrète. D'un côté, on trouvait ceux qui pouvaient se payer, très cher, un ordinateur, un modem et la note du téléphone. Et puis il y avait les autres. A qui il fallait donner les moyens d'accès à ces nouvelles formes d'apprentissage et de communication. Il fallait aussi que les formations (en ligne) ne soient pas-elles non plus- trop complexes, uniquement accessibles à des universitaires. Il s'agissait de mettre en place un nouveau modèle, l'e-learning social. »

Les problèmes sociaux doivent se régler de manière sociale
Pierre Carrolagi, coordinateur de projets au Greta en Velay et co-rédacteur de la charte : « Tout d'abord, il ne faut pas se leurrer sur la capacité des TIC à être la solution de tout. Ce n'est pas parce que l'on met à la disposition des citoyens le vote électronique qu'ils vont aller plus voter. Les problèmes sociaux doivent se régler de manière sociale. Ainsi, peut-on lire dans la charte, « Les pratiques sociales sont en interaction avec les techniques. Pour que tous les individus puissent s'intégrer dans la société de l'information, il faut commencer par résoudre les problèmes sociaux qui génèrent une exclusion du numérique. Nous ne sommes pas tous égaux face au fossé numérique : une personne formée et socialement insérée franchira plus facilement ce fossé qu'une personne exclue ayant d'autres besoins, prioritaires. »

Créer et maintenir du lien social
L'apprentissage a aussi un rôle social : « Les communautés apprenantes ne doivent pas être uniquement considérées comme un moyen d'améliorer l'apprentissage. Des groupes ou des réseaux peuvent produire de l'écrit public et étendre leurs horizons politiques, sociaux et culturels grâce à des logiciels qui permettent de créer et de maintenir du lien social (« social software »). Les communautés isolées ou minoritaires peuvent utiliser des outils numériques pour se faire connaître, les groupes dispersés (comme les migrants qui travaillent loin de chez eux) pour rester en contact et continuer à développer leur culture. Internet permet ainsi aux individus de prendre conscience de l'existence de l'exclusion sociale : c'est un moyen de la combattre. »

Le numérique comme outil d'intégration
En 2005, les experts chargés de l'évaluation des programmes européens de lutte contre la fracture numérique font un constat d'échec. Explication : l'Europe ne s'est pas posé la question de savoir en quoi l'usage des TIC pourrait favoriser l'inclusion sociale. C'est à ce moment que le terme inclusion numérique apparaît et que de nouvelles mesures politiques sont prises. Il n'est plus seulement question de lutter uniquement contre la fracture numérique mais de développer des mesures pour l'inclusion numérique et sociale. La conférence de Riga en Lettonie du 11 juin 2006 intitulée les TIC pour une société inclusive consacre une nouvelle orientation qui, explique Pascal Plantard «reconnaît le rôle important que jouent les TIC dans l'amélioration de la qualité de vie des citoyens, tant sur le plan personnel que professionnel : meilleur accès à l'emploi et à la formation, amélioration des connaissances, réduction des difficultés liées à la mobilité ou à l'éloignement. » En 2004, la charte anticipait cette dimension. 10 ans après, son contenu colle plus que jamais à l'actualité du moment.


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Colloque fracture numérique : lutter contre l'inégalité des usages (1)

senatEgalité d'accès aux nouvelles technologies, Internet social et citoyen, équité numérique, inclusion sociale : autant de thématiques abordées lors du traditionnel colloque fédéral consacré à la fracture numérique qui s'est tenu dans les locaux du Sénat ce vendredi 21 février dernier.

Olga Zyhren, sénatrice :«C'est la dernière fois que ce colloque a lieu sous cette forme et dans ces lieux. L'année prochaine, c'est un sénat rénové qui devra réfléchir aux dispositifs à mettre en place pour favoriser l'inclusion et l'équité numériques tout en luttant contre les poches d'exclusion. Le transfert de compétences prévue dans la sixième réforme de l'Etat peut nous donner une nouvelle marge de manoeuvre, notamment en effectuant des points de comparaison au niveau des différentes régions. On sait que les Espaces Publics Numériques fonctionnent de façon différente en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. A nous d'en tirer les leçons pour faire avancer nos objectifs»

L'ère des Makers
Et donc c'est un peu le moment des bilans, avant d'entamer une nouvelle page de la longue histoire des EPN. Pierre Lelong, Chef de projet du Pôle Ressources & Diffusion auprès de Technofutur TIC, centre de compétences wallon:«Voici une quinzaine d'années que nous sommes parti du principe que le numérique pouvait être un outil d'inclusion sociale et économique. La culture et les emplois numériques sont les enjeux de demain. De nouveaux mouvements vont dans ce sens. Ici et là, dans des régions désindustrialisées, des «Makers » partent de la technologie pour recréer du service communautaire. Les pouvoirs publics ont une réflexion à mener et un rôle majeur à jouer pour définir des espaces publics numériques communs. Il faut repenser le dispositif dans une logique transversale».

Des bibliothèques inclusives
Une transversalité qui peut se traduire par une logique de partenariat «augmentée » comme l'illustrent les deux exemples de politiques publiques d'inclusion numérique retenus lors du colloque. Bienvenue dans le monde des bibliothèques inclusives. Roseline Lemaire, Bibliothèque responsable - EPN Malmedia:«La bibliothèque est un pilier de la vie culturelle locale de Malmedy. Toute son infrastructure est traversée par le numérique. Notre plan stratégique inclut le développement des pratiques d'écriture et de lecture numériques. Avec le projet Hors Champ, nous sommes allés à la rencontre des jeunes dans les communes de Malmedy, Waimes et Vielsam. Non pas dans la bibliothèque, mais là où étaient, dans les cours de récré, les arrêts de bus. L'idée : surfer sur leur capacité à utiliser les nouveaux médias et définir avec eux leurs différents canaux de lecture. Pour nous, cela a été une révolution. Le projet a touché 1200 jeunes ! Fort de cette action, nous avons décidé d'élargir les publics en nous adressant à différentes catégories d'âge. Les projets sont foison : reportage photographique, roman photo, documents sonores,... Ils permettent aux participants de lire autrement le monde qui les entoure et de tisser de nouveaux liens sociaux. » L'EPN multiplie les partenariats. Avec l'ASBL de mouvement social des aînés Enéo ou avec le Musée où l'EPN organise des animations liées aux expositions.

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Colloque fracture numérique : lutter contre l'inégalité des usages (2)

bibliothèqueLa bibliothèque de Huy déborde elle aussi d'initiatives. Michel Jadot, coordinateur EPN et bibliothécaire documentaliste : « Nous avons négocié pour l'ensemble des habitants de notre commune un accès gratuit à la plate-forme d'apprentissage Vodeclic. La seule exigence est de s'inscrire à la bibliothèque. La carte coûte 10EUR, elle est gratuite pour les moins de 18 ans. Cette année nous allons travailler au développement de WikiHuy, un Wiki citoyen que nous avons lancé l'année passée. Il est ouvert à tous les habitants, artistes et associations qui peuvent travailler à construire un auto-portrait numérique de la région. Nous organisons des wiki café au cours desquels les participants peuvent échanger sur des mises en commun de thématiques particulières, d'histoires régionales, de cartes postales. C'est une manière de remettre du lien social, de renforcer la cohésion sociale grâce au numérique. On a aussi une radio Web qui s'adresse plus spécifiquement aux jeunes. Nous voyons également de plus en plus des personnes en fracture sociale franchir le pas de notre porte. Les EPN ont de plus en plus un rôle de tissage de liens et de guichet conseil du numérique.»

Littératie numérique
Et donc voici à nouveau la question de la fracture numérique. C'est en ce sens que le SPP intégration sociale a demandé une mise à jour des propositions faites en 2010 par la FTU en collaboration avec Linc sur base de l'évaluation du plan 2005-2010 de lutte contre la fracture numérique. Qui s'en étonnera, les inégalités d'accès ont fondu. On les retrouve principalement dans les populations à très faibles revenus et formations. Aujourd'hui et tout en luttant contre ces poches d'exclusion numérique (et sociale), c'est à l'inégalité des usages qu'il faut, selon Gérard Valenduc, directeur de recherche à la Fondation Travail-Université, s'atteler. « On assiste à un élargissement de la notion d'alphabétisation numérique qu'on traduit en France par la notion de littératie numérique. En Flandre, on parle de culture critique des médias. On est loin de l'apprentissage de la souris et Windows. Il faut pouvoir s'inscrire dans la culture, outils et services en ligne. Avec en parallèle un épuisement des acteurs de terrains comme les EPN qui sont en quête d'un dispositif de financement plus simple et plus structurel et d'une reconnaissance salariale.

E-inclusion 2020

Le plan e-inclusion horizon 2020 doit se lire dans un contexte où le Fédéral aura un rôle de moins en moins important. Il s'agit d'un plan cadre où l'on sait bien qu'un grand nombre de mesures devront être gérés par les différents niveaux de pouvoir locaux. Il s'agit d'un plan cadre où l'on sait bien qu'un grand nombre de mesures devront être prises par les différents niveaux de pouvoirs publics locaux et régionaux. Nous avons pointé 6 grands objectifs, dont un soutien accru aux espaces publics numériques et la mise des technologies numériques au service du lien social.»

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Les EPN, acteurs d'inclusion et porteurs de projets des territoires numériques

folder.jpgA l'heure où une grande majorité des citoyens sont connectés à Internet, peut-on encore parler de fracture numérique en Wallonie ? Quelles sont, doivent et devraient être les missions des Espaces Publics Numériques, quels rôles jouent-ils dans l'animation d'un territoire numérique et quelles responsabilités leur donne-t-on et veut-on leur donner ? Ce sont ces questions qu'ont évoquées au cours d'une table ronde organisée le 14 novembre dernier à Namur Eric Blanchart, chargé de mission EPN de Wallonie et coordinateur de la Semaine Numérique, Michel Jadot, responsable de l'EPN de Huy, Pierre Lelong, Coordinateur du Pôle Ressources & Diffusion de Technofutur TIC, Stéphane Ochendzan, Observateur pour la Région Wallonne et Gérard Valenduc, Directeur de recherche à la Fondation Travail-Université.

Quand la fracture numérique sort du radar
Eric Blanchart : « Si l'on effectue une recherche en ligne sur la combinaison des mots clés « fracture numérique » et « Belgique », plus rien d'actuel n'apparaît. On ne publie plus sur ce sujet. Cette expression semble complètement sortie du radar.   Gérard Valenduc : « C'est un constat d'autant plus intéressant que le SPF intégration sociale vient de nous demander de remettre à jour nos conclusions du plan de préparation de la deuxième phase du plan national de lutte contre la fracture numérique 2011-2015. Déjà à l'époque, en 2010, nous proposions de parler plutôt d'inclusion numérique. Aujourd'hui, si l'on regarde les chiffres bruts de Statbel, on constate qu'il y a 90 % d'utilisateurs réguliers d'Internet dans la population. Cela qui ne veut pas dire que les inégalités dans l'accès Internet, ce qu'on a appelé la fracture numérique au premier degré, ait tout à fait disparu. Par exemple, le facteur de discrimination revenus reste spectaculaire. Si l'on regarde par exemple le premier quartile, c'est à dire le quart de la population qui a les revenus les plus faibles, on est à peine à 50 %. C'est pour cela qu'il est plus pertinent de parler d'exclusion dans les poches de la population où elle existe encore et d'inclusion quand il s'agit de s'insérer dans la société numérique. Il faut donc mener des politiques à deux niveaux. Il s'agit de favoriser la pleine inclusion sociale par des activités liées au numérique tout en ciblant les dernières poches d'exclusion en matière d'accès. »

La culture et les emplois numériques sont les enjeux de demain.
C'est entre ces deux missions que les EPN se sentent parfois écartelés, faute d'un mandat clair, faute de moyens, faute de formation et d'encadrement ad hoc. Pierre Lelong : «Nous avons une définition de l'inclusion sociale, pas de l'inclusion numérique car la situation évolue sans cesse. Il n'existe pas, intellectuellement, un curseur qui permette de dire : ici je suis inclus, là le suis exclus car les outils et les usages évoluent sans cesse. Reste que les élus commencent à comprendre que l'inclusion numérique est fondamentale à l'inclusion sociale et que celle-ci est un travail qui doit se faire en amont ou en parallèle de l'accès, de l'éducation et de l'inclusion au numérique. Il y a de nouveaux dispositifs à imaginer. Il y a des partenariats et des frontières à dessiner avec différents acteurs sociaux, culturels et économiques de terrain. Eric Blanchart : « Oui, tout à fait. En 2005, les missions des EPN étaient claires. Aujourd'hui, c'est plus diffus. Les EPN sont parfois réduits au simple rôle de local d'accès à l'informatique. Or ils sont de plus en plus des espaces à vocation sociale, des lieux d'animation et de maillage d'un territoire. Ces rôles d'interface et d'acteur de l'inclusion numérique nécessitent un encadrement et des moyens qui font parfois cruellement défaut. Pierre Lelong : «Et qu'il faut repenser dans le cadre d'une politique locale numérique réfléchie et structurée qui définit les articulations entre les différents acteurs présents sur le territoire numérique. Il faut initier des dynamiques transversales. La culture et les emplois numériques sont les enjeux de demain. »

Interface conseil
Michel Jadot : « On se situe aujourd'hui sur le terrain du social et de l'usage. Les EPN sont de plus en plus un lieu d'accès public, un espace d'échanges et de rencontres. C'est un endroit social. Nous avons de plus en plus comme mission d'utiliser le numérique pour rassembler des gens autour d'un projet. Et puis il y a toute la question du savoir faire. Nous avons dans notre public des personnes qui ont travaillé avec un ordinateur en entreprise, mais avec des logiciels figés. Ils ont des questions très précises - joindre une pièce à un message, redimensionner une photo, publier sur un réseau social. Il faut y répondre avec de petits modules micro-ciblés. Cela n'a plus grand chose à voir avec une formation générique. Même chose pour des jeunes qui connaissent les réseaux sociaux par coeur, mais qui ne savent pas poster un CV en ligne. Voilà pour moi les 3 missions d'un EPN  : l'inclusion numérique, la formation et l'animation territoriale. En fait, il faudrait parler de guichet numérique. Il faudrait valider les structures des EPN en tant qu'interface de conseil avec le citoyen, les soutenir et les alimenter en ce sens. »

Reconnaissance statutaire
Stéphane Ochendzam : « Il me semble effectivement essentiel de recentrer les missions des EPN qui doivent faire l'objet d'une nouvelle impulsion en provenance du politique. Les EPN sont des espaces stratégiques de contact avec un citoyen de plus en plus immergé dans la société du numérique. Leurs rôles d'éducation, de formation et d'animation autour d'un projet et d'un territoire sont cruciaux. Dans ce contexte, le rôle et la fonction des animateurs multimédias doivent faire l'objet d'une reconnaissance statutaire. »

Tags : culture numérique - emplois numériques - fracture-numérique - guichet numérique - inclusion sociale - SPF Intégration sociale

Une nouvelle vie pour l'EPN d'Ottignies LLN

EPN_février2013Ou plutôt 2. Après une année et demie d'absence, l'Espace Public Numérique d'Ottignies LLN accueille à nouveau le grand public dans un bâtiment rénové situé sur la place du Centre, où la moitié des 14 PC de la flotte initiale a été remise à niveau. L'autre moitié a été transférée avenue des Muguets, dans le local de la maison associative de Ceroux-Mousty et mis à disposition des associations du crû. C'est en 2010 que la commune d'Ottignies Louvain-La-Neuve a inauguré son premier EPN. Situé au quatrième étage, au dessus du CPAS, il ne parviendra pas à drainer un public régulier et fermera finalement ses portes : « La difficulté d'accès était était le frein principal », explique Steve Evrard, Chef de projet du Plan de cohésion sociale de la ville. Or, plus qu'un outil informatique, l'EPN est surtout un projet social qu'il est important de porter. » C'est la cellule de développement communautaire du service de la ville qui va prendre le dossier en charge. Il aboutira à l'ouverture au printemps dernier du nouvel EPN. Steve Evrard : « Le plan de cohésion sociale de la ville a deux objectifs principaux : le développement social des quartiers et la lutte contre toute forme de pauvreté et de précarité. C'est dans ce contexte qu'il faut situer le projet de l'EPN qui a pour mission de travailler sur les multiples fractures numériques.»

Partenariats assocatifs
Le Webmaster du site de la commune, Alain Pirlot, est présent à mi-temps en tant qu'animateur formateur. La programmation de l'EPN comprend un volet classique de formations de quatre matinées (hardware, Windows, Navigation Internet, messagerie). Ces séquences sont menées en alternance avec des ateliers thématiques de deux heures. Ils permettront de lever le voile ici sur Facebook ou Android, là sur les logiciels libres ou les tablettes. Trois fois par semaine, l'EPN est en accès libre, toujours par tranche de deux heures. Steve Evrard : «L'EPN est utilisé deux fois par semaine par le CPAS pour des ateliers de recherche de logement et d'emploi. Autre partenariat, avec les associations cette fois, la flotte du local de la maison associative est utilisée pour l'instant par Lire & Ecrire et l'Ecole des devoirs. Les associations sont les bienvenues. Il y a encore des plages horaires disponibles !"
Papy & Mamy surfeurs
L'EPN organise enfin des activités à destination des seniors. «Dans le cadre de l'Eté solidaire, nous avons engagé l'été dernier deux jobistes. Avec Alain Pirlot, ils ont animé différentes activités de découverte et d'initiation au PC auprès des résidents de la Résidence du Moulin. Dans la foulée, nous avons répondu à l'appel à projets Papy et Mamy surfeurs avec l'ambition de travailler sur deux plans. D'un côté, il s'agit de proposer dans nos locaux des formations spécifiques aux personnes âgées ou très âgées. De l'autre, nous proposons de déployer des activités d'initiation et de sensibilisation à destination de l'ensemble des maisons de repos de l'entité. »

Tags : EPN - fracture-numérique - papy et mamy surfeurs - Plan de cohésion sociale

Baromètre TIC 2013 de la Wallonie par l'AWT

Chaque année, l'Agence Wallonne des Télécommunications (AWT) publie le baromètre TIC de la Wallonie. Véritable point de repère de toute politique en matière de TIC, le Baromètre donne tous les chiffres des citoyens, des communes, des entreprises et du secteur TIC.

L'enquête a interrogé environ 2.000 personnes sur le niveau d'équipements TIC dans les ménages. Désormais, 78% des foyers possèdent un ordinateur et 77% sont connectés à l'internet. Avec une croissance très importante des offres internet groupées (pack comprenant la TV, la téléphonie et l'accès internet). Les Wallons sont de plus en plus connectés, puisque 79% affirment utiliser internet de manière régulière. Si le taux global n'augmente pas, les usages, eux, se sont intensifiés en 2012 : parmi les applications les plus utilisées, sans surprise le courriel (86%), mais aussi la recherche d'itinéraires et de plans (73%), les transactions bancaires (70%) et les achats en ligne (50%). De même, 35% téléphonent via leur connexion internet.

Face à ces constats, 21% des Wallons n'ont toujours pas d'accès à l'internet (parmi ceux-ci 51% ont un niveau d'éducation primaire ou n'ont aucun diplôme). L'AWT recommande de permettre l'acquisition de compétences ICT à l'école, de promouvoir les technologies mobiles et portables pour accéder à la culture numérique, d'utiliser les TIC comme services aux personnes et aux organisations, de détecter les facteurs de vulnérabilité numérique, et de lutter contre la pauvreté et l'exclusion numérique.


Baromètre TIC 2013 de la Wallonie

(*) Plus d'infos ICI


Tags : AWT - fracture-numérique - TIC

EPN d'Yvoir : des expériences numériques citoyennes

l'EPN d'YvoirDamien Maillard est responsable de l'informatique de la commune d'Yvoir et de son Espace Public Numérique. Il en assure l'animation en collaboration avec Veronica Casa. « On fait partie », explique Damien Mailliard », de la première vague de 2005. » La commune compte deux espaces. L'un se trouve dans le centre du village d'Yvoir, l'autre se situe au sein de la bibliothèque de Godinne. « Nous fonctionnons sur base de cycles de formation de 6 mois, grosso modo de janvier à juin et de septembre à décembre, avec un public composé essentiellement de seniors. Il s'agit de formations de base, qui pourront être complétées en fonction des demandes par des ateliers d'approfondissement sur les réseaux sociaux, la manipulation de photos ou des fonctions bureautiques avancées. »

Douche froide
L'EPN d'Yvoir participe également à des partenariats originaux. L'un débouchera sur «Douche froide », un court métrage réalisée en 2010 par Benoît Mariage. Ce film de 28 minutes est le résultat du projet "les Jeunes passeurs d'images citoyennes" conduit en 2009 par l'ASBL le Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation en collaboration avec le CPAS, le centre de réfugié de la Croix Rouge, la Maison des Jeunes et l'EPN communal d'Yvoir. Une cinquantaine de participants amateurs (demandeurs d'asiles et jeunes d'Yvoir) vont travailler durant une année à la constitution du film : ateliers d'écriture, sons et techniques de l'image. Le tournage aura lieu en avril 2010. Douche froide, c'est l'histoire d'une jeune africaine confrontée aux mêmes difficultés que de nombreux demandeurs d'asile. Au centre d'accueil pour réfugiés d'Yvoir, arrive Marie-Blanche, une jeune camerounaise en situation illégale. Par le hasard des rencontres, elle fera la connaissance de trois résidents d'un camping en quête d'emploi. Il s'ensuivra une succession d'événements qui feront chambouler son destin et interroger plus d'un au sein de la commune bucolique d'Yvoir. « L'objectif de ce projet soutenu par Fondation Roi Baudouin était de favoriser le tissage de liens entre les habitants de la commune, les demandeurs d'asile du centre de la Croix-Rouge et les habitants du parc résidentiel «  La Gayolle ».

De Parlement en Parlement
Le projet citoyenneté-démocratie mis sur pied par le Plan d'Habitat Permanent et l'EPN s'adresse lui aussi aux résidents de la Gayolle. Veronica Casa, animatrice : « Il s'agit d'une formation destinée aux enfants organisée en collaboration avec Anne-Pascale Leboutte de l'Antenne sociale pour le plan Habitat Permanent. Elle a pour but de faire découvrir les 4 niveaux de pouvoir en Belgique. Anne-pascale s'est occupée de la communication avec les familles. Moi, je me suis plus penchée avec l'aide d'un stagiaire sur la formation proprement dite. Nous avons mis au point un atelier ludique où finalement, l'informatique est plus un prétexte à un projet citoyen. » C'est ainsi que le groupe d'enfants s'est réuni à quatre reprises à l'EPN d'Yvoir pour une session de préparation de 4 visites : recherche Internet sur les principes et le fonctionnement de la démocratie, rôle des élus à chaque niveau de pouvoir, etc. « Nous nous sommes rendus à l'administration communale d'Yvoir, nous avons visité les Parlements Wallon et Fédéral pour conclure avec la découverte du Parlement européen. » L'essai va être transformé à la rentrée. « Nous préparons, toujours dans le cadre du Plan Habitat Permanent, un projet du même type portant sur l'environnement. »

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