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17% des internautes choisissent 123456 comme mot de passe!

Sécurisez vos données ! C’est le leitmotiv d’Olivier Bogaert, le Monsieur sécurité de la RTBF, qui a donné une conférence sur le sujet le19 octobre dernier à l’ISIB, en inauguration de la journée AssociaLibre de sensibilisation aux outils libres à destination du monde associatif : "Selon la société Keeper, un peu moins de 2 personnes sur 10 utilisent 123456 comme de mot de passe, le deuxième étant 123456789, suivi de qwerty. Je pourrais également vous parler de la question secrète demandée pour changer un mot de passe. Savez-vous qu’en Fédération Wallonie Bruxelles, 93% des jeunes de 12 à 15 ans choisissent leur plat préféré comme question. Et 56% sélectionnent la pizza comme réponse ! Pour le Commissaire à la Computer Crime Unit, il faut commencer par une règle de base: "Si vous considérez qu’une information doit rester privée, il ne faut pas la poster sur Internet. Les photos que vous postez sur Facebook vous appartiennent toujours, mais vous venez de décider de les diffuser".

 

On est bien arrivé, les enfants sont dans la piscine...

Pour Olivier Bogaert, il est primordial de prendre conscience de l’utilisation qu’on peut faire des informations que l’on diffuse sans trop réfléchir sur les réseaux sociaux. "Un des classiques du genre en terme de cambriolage, c’est la publication sur son mur des photos du lieu de vacances où l’on vient d’arriver; du genre : on est bien arrivé, les enfants s ont dans la piscine. C’est le feu vert pour des personnes mal intentionnées, qui n’auront parfois pas très difficile à localiser votre résidence inoccupée, via le 1307 ou en likant la page du village ou du quartier que vous suivez. Google Street View fera le reste. On a même eu un cas où un voleur avait suffisamment récolté d’informations à propos des habitants qu’il avait frappé chez le voisin, et demandé la clé en arguant qu’il était un ami de la famille à qui on avait demandé de rendre un service."

 

Réseau d’échange d’image sécurisé

La publication de photos doit également se faire de façon réfléchie. Olivier Bogaert: "De nombreux parents et grands parents publient des photos de leurs enfants sans se méfier. Celles-ci peuvent être partagées par d’autres, et repérées par les algorithmes de reconnaissance faciale des moteurs de recherche qui vont créer des albums en ligne sans que l’enfant n’en soit conscient. C’est le droit à l’image qui sort du contrôle de votre progéniture. Or des réseaux dédicacés et sécurisés existent. Avec Famicity, un réseau social pensé tout spécialement pour les familles, vous maîtrisez vos données et vous choisissez qui peut avoir accès à vos photos."

 

Fouiller les archives Facebook avec Stalkscan

En novembre de l’année passée, l’ASBL ReForm et l’Université libre de Bruxelles ont interrogé 1589 jeunes issus de 37 établissements scolaires du secondaire en Fédération Wallonie Bruxelles. Les chercheurs leur ont demandé quelle application ils utilisaient en premier au lever. Il faut savoir que plus de 6 jeunes sur 10 consultent leur smartphone dans les 15 premières minutes qui suit leur réveil. Facebook est l’application ouverte en premier par un tiers des jeunes. 2 jeunes sur 3 l’utilisent en 1er, deuxième ou troisième lieu. "Comme de nombreux internautes adultes, ils ne sont pas toujours conscients des informations qu’ils rendent publiques. Je conseille d’utiliser Stalkscan, un petit outil mis en ligne par Inti De Ceukelaire. Stalkscan.com utilise la fonction Graph Search de Facebook pour fouiller de façon très précise et structurée dans les archives du réseau social. Il suffit de copier-coller l’url d’un profil sur le site pour avoir accès aux contenus de son compte.  Ce logiciel permet de montrer aux membres de Facebook qu’ils partagent publiquement sans le savoir des informations qu'ils considèrent comme privées ou confidentielles. Vous pourrez alors décider, dans les paramètres de confidentialité, de limiter l’audience de vos publications ou encore empêcher que les moteurs de recherche en dehors de Facebook affichent votre profil. Vos pouvez aussi demander à Facebook de vous avertir à chaque fois que quelqu’un poste une publication dans laquelle vous êtes identifié."

Tags : vie-privée - éducation aux médias

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Dominique Cardon : à quoi rêvent les algorithmes ?

Le 19 avril dernier, dans le cadre du cycle « Pour un numérique humain et critique » Dominique Cardon, sociologue au Laboratoire des usages d’Orange Labs et professeur associé à l’université de Marne-la-Vallée, était l'invité de Point Culture pour une conférence basée sur son récent ouvrage : A quoi rêvent les algorithmes ?

 

Ils sélectionnent et trient l'information pour nous, nous suggèrent de nouveaux amis, nous recommandent certains achats, surveillent notre santé et vont bientôt conduire nos voitures. Ils isolent des cibles humaines que les drones américains vont abattre et listent des profils à risque dans le cadre de la lutte anti-terrorisme. Ils, ce sont les algorithmes, omniprésents dans le monde virtuel du Web et dans le monde réel des objets connectés. Ces programmes qui nous guident et nous suivent pas à pas ont des fonctions bien précises. Pour plus de confort et plus de maîtrise de nos comportements. Dominique Cardon s'essaie à une classification de leurs «fonctions».

 

Quatre familles d'algorithmes

Il existe selon le sociologue quatre familles d'algorithmes dont le rôle est de séquencer et d'agencer les énormes flux d'informations que véhiculent le réseau Internet et bientôt les objets connectés. La première technique de calcul organise la popularité des sites et des contenus en fonction du nombre de clics et de vues. C'est ce qu'on appelle l'effet boule de neige : l'audience nourrit l'audience et façonne des contenus dont la valeur ne tient qu'au nombre. Au risque, remarque Dominique Cardon, de privilégier de façon écrasante «les choix conformistes, consensuels et populaires.» Le désagrément n'est pas nouveau mais en même temps, il est à la base du succès du moteur de recherche de Google qui livre les résultats qui satisfont le plus grand nombre. Une ombre au tableau tout de même : cette popularité de masse peut être fabriquée artificiellement par des robots cliqueurs ou de faux avis d'internautes rémunérés pour augmenter le nombre de clics ou d'avis. De mauvaises langues évoquent encore un possible manque d'objectivité de Google lorsque ces recherches s'effectuent sur un terrain sensible pour son modèle économique.

 

Mesure méritocratique

La deuxième famille d'algorithmes opère une hiérarchisation de l'autorité des sites via les liens hypertextes qu'ils s'échangent. C'est la désormais célèbre technique PageRank de Google qui mesure l'influence sociale des sites. Cardon l'appelle la mesure méritocratique où le nombre de liens (vus comme autant de reconnaissances) qu'un site reçoit des autres remplace le nombre de clics. Ici, l'information la plus visible n'est pas celle qui est la plus consultée, mais celle que les utilisateurs ont privilégié en lui adressant le maximum de liens.

 

Réputation numérique

Avec l'e-réputation, on touche au «qualitatif émotionnel » : le nombre de «J'aime», de partages, d'amis sur Facebook et de suiveurs sur Twitter. Cette troisième technique de calcul se base sur la réputation numérique d'une information. Vont l'alimenter les internautes qui obtiendront le meilleur score, c'est l'explication à la course effrénée aux vidéos, photos et publications qui font le buzz, c'est le concours du titre le plus racoleur et du Tweet le plus ravageur.

 

Machine learning

La dernière «variété» d'algorithme pointée par Cardon a pour but d'enregistrer (de la façon la plus discrète possible), les traces que vous et moi laissons sur le net. Ce qu'on appelle le machine learning, autrement dit la prédiction de la façon dont vous allez vous comporter formulée sur base de l'analyse de vos agissements antérieurs. But de l'exercice : vous suggérer des recommandations de choix, le plus souvent d'achat mais cela vaut également pour des amis, sur des plates-formes comme Amazon, Netflix, E-bay, AppleStore ou Facebook.

Tags : éducation aux médias - culture numérique

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Des histoires digitales pour Vivre Debout

A Tubize, les participants à l'atelier les histoires digitales ont choisi de parler de leur commune où «Les choses se font et se défont». A Nivelles, à l'été dernier, l'atelier réalisé à l'occasion de l'événement «Les mondes» de Nivelles a rassemblé dans l'EPN de la bibliothèque des personnes originaires des 4 continents. Le 17 décembre dernier, les histoires digitales créées au Collectif des femmes à LLN ont fait l'objet d'une projection, «des histoires sensibles qui interpellent par leur force, leur authenticité, leur manière de rendre compte de réalités parfois difficiles en y glissant une bouffée d'optimisme.» Dernier atelier en date: à l'EPN d'Opprebais, sept histoires ont été concoctées, qu'on pourra partager lors du festival Vivre Debout du 11 au 13 mars au Centre Culturel de Perwez.

 

Laurence Delperdance, Secrétaire fédérale des Equipes Populaires du Brabant Wallon: «Tout est parti des histoires digitales créées par des éducateurs engagés dans des projets d'école en alternance dans les communautés Maya au Guatemala. Avec l'asbl Commundos, nous nous sommes lancés dans une nouvelle «équipée». Aujourd'hui, ce sont des histoires belges qui germent au fil de différents ateliers. L'objectif: associer images, commentaires et fonds musical pour composer une courte histoire qui donne à penser...à celui qui se penche sur un moment de son parcours, mais aussi à celui qui a découvert cette tranche de vie. Lors de l'atelier de Nivelles, il fut question de burn out, de la situation des femmes élevant seules leur enfant, de discrimination en matière d'accès au logement»

 

Accéder à une citoyenneté active

La méthode, si elle n'est pas neuve, plante ses racines dans le quotidien souvent chahuté d'hommes et de femmes, jeunes ou adultes, qui ont comme dénominateur commun d'être mis dans un étau de réalités mondialisées qui, tout en les dépassant, n'en n'ont pas moins un impact sur leur vie. Mieux comprendre ces enjeux, pour leur apporter l'éclairage du vécu à travers les histoires digitales, c'est à la fois une démarche citoyenne mais aussi un acte de résistance. En invitant les participants à se pencher sur un moment significatif de leur histoire puis à la partager avec d'autres, il s'agit aussi de permettre d'accéder à une citoyenneté active: cela en renforçant leur capacité à raconter, questionner , analyser, débattre, défendre.

 

Mieux comprendre

Laurence Delperdange : «Chaque participant choisit tout d'abord un thème important pour lui. S'ensuit une phase d'apprentissage de l’outil informatique, la recherche d'images et d'extraits sonores. A partir d'un logiciel simple et gratuit de montage vidéo, les stagiaires découvrent comment construire un scénario et composer les commentaires qui accompagneront les photos et les dessins. Chaque histoire va permettre de mieux comprendre une situation de la vie quotidienne, de la vie sociale. Par exemple, la recherche d’un logement, d’un emploi, la débrouillardise au quotidien… » Parmi les perspectives du projet, la création d'une plate-forme compilant l'ensemble des productions et l'organisation d'un festival.

 

Tags : alphabétisation numérique - citoyenneté - éducation aux médias - égalité numérique

Bridge the gap : réduire l'écart numérique entre générations

Education aux médiasC'est le 11 juin dernier que 12 opérateurs de formations issus de 12 pays européens se sont réunis à Bruxelles dans le cadre du programme Léonardo Da Vinci autour d'un atelier « Bridge The Gap ». Porté en Belgique par le Réseau Européen de Formation, ce projet vise à réduire l'écart numérique existant entre les générations en tirant profit des apports professionnels que les ainés peuvent apporter aux jeunes générations en matière de tutorat et d'assistance aux métiers. Et vice versa en ce qui concerne l'apport de culture numérique que la génération « Y » peut induire. La thématique de la fracture numérique intergénérationnelle est abordée transversalement par des recherches et ateliers relatifs à la culture, la créativité, la communication et les médias, l'environnement et l'éducation ou encore le tourisme.

EPN et ateliers numériques intergénérationnels
Après une présentation du dispositif wallon des Espaces Publics Numériques qui constitue un espace privilégié pour des ateliers numériques d'expérimentation intergénérationnels, Jérôme Poloczek, Responsable communication chez Atoutage, a dressé une feuille de route quant à la bonne gestion d'un projet intergénérationnel, sur base du livre méthodologique « Comment développer une action intergénérationnelle » publié aux éditions De Boek par son association et au prisme des expériences de quelques projets numériques intégrant une dimension intergénérationnelle. La matinée fut également l'occasion pour Marine Bugnot, chargée de mission, de présenter le portail de l'intergénération et les services mis en place par le réseau intergénérationnel Courant d'âges.

Dessins animés et vidéos
Côté expérimentations, l'association Slovaque Centre for Intercultural Dialogue a opéré un arrêt sur image sur Sheeplive, un portail multilingue de dessins animés. Ces films d'animation s'adressent avant tout aux enfants et aux jeunes. Ils abordent différentes thématiques afin de les sensibiliser aux risques liés à l'utilisation d'Internet et des téléphones mobiles : gestes obscènes, hameçonnage, anorexie, respect vie privée, amitiés virtuelles, cyberharcèlement vidéolynchage, addictions, jeux avec facebook. Le programme d'alphabétisation médiatique et numérique Territoriomovil présenté par l'association espagnole Innovación, Transferencia y Desarrollo s'adresse lui aussi aux adolescents. Il met à leur disposition une boîte à outils pour la production « do it your self » de vidéos et contenus multimédias. Dans la bibliothèque (disponible également en français) de ce « décalogue » pour vidéo amateur, on trouve des sujets basiques et didactiques pour des prises de vue à partir d'un mobile ou une mini caméra. On y découvre aussi, toujours sous la forme de petites vidéos, des trucs et astuces pour fabriquer une dolly (avec un manche à balai et un vélo) et filmer en travelling. Ou encore pour construire une grue (avec deux manches à balai) et filmer en hauteur ou une snorricam (deux plaques, une planche en bois) pour se filmer.

Tags : Atoutage - éducation aux médias - Courant d'âges - fracture-numérique - Intergénértionnel - réseau européen de formation - vidéos