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Des solutions plus souples pour les mal voyants

Hypra, une jeune entreprise sociale et solidaire, a mis au point une solution libre et gratuite d'assistance visuelle et vocale pour les mal voyants. Elle propose également un ordinateur prêt à l'emploi, baptisé le PC à accès universel. Equipé du système d'exploitation Debian, il comprend un bureau personnalisable et la suite logicielle adaptée pour grossir et vocaliser l'écran.

 

Assistance visuelle et vocale gratuite

En 2009, Corentin Voiseux et Jean-Philippe Mengual font connaissance au fond d'une chambre d'étudiant aixoise. L'un, aveugle, prépare l'ENA, l'autre est en premier cycle. Pendant que Corentin lit un manuel de droit constitutionnel à Jean-Philippe, ce dernier prend des notes sur son ordinateur à l'aide du clavier braille. C'est de là que naît le projet d'une interface gratuite développée sur base des logiciels libres. Durant 5 ans, les deux amis vont consacrer tout leur temps à libre à ce projet qui verra le jour l'année passée et se traduira par la création à Paris d'une entreprise sociale et solidaire : Hypra, qui était présente au dernier Fosdem de Bruxelles.

 

Une combinaison de NVDA et Zoomtext

Depuis, une vingtaine d'aveugles utilisent avec beaucoup de plaisir le «SAU», lisez système d'accès universel fruit d'une combinaison entre NVDA et Zoomtext. Le « NonVisual desktop Access » est une revue d'écran gratuite et open-source pour le système d'exploitation Microsoft Windows. En donnant des informations via une voix synthétique et le Braille, il permet aux personnes aveugles ou malvoyantes d'accéder à un ordinateur sans coût additionnel par rapport à une personne voyante. Zoomtext est, comme son nom l'indique, un logiciel de grossissement de caractères.

 

Transport sur clé USB

Ces logiciels sont téléchargeables gratuitement. Ils peuvent être stockés sur une clé USB avec le système d'exploitation Debian, le tout fonctionnant sans problème sur n'importe quel ordinateur tournant sous Windows ou Mac. On peut aussi acheter, pour le prix d'un ordinateur classique, une machine pré-installée et prête à l'emploi. La machine comprend, outre les suites bureautiques et Internet classiques, un lecteur Daisy (norme de lecture de livre audio) et des outils multimédias permettant de lire la plupart des formats audio et vidéo du marché.

 

EPN pour personnes aveugles et malvoyantes

A noter encore, au rang des initiatives à destination des aveugles et mal voyants l'ouverture l'année passée d'un EPN adapté. Il est doté d'un comptoir numérique avec tablettes, liseuses et lecteur Daisy. L'EPN propose également une télé loupe, un PC adapté avec Zoomtext et une machine à lire connecté. L'Espace géré par la ligue Braille permet en outre de se familiariser avec la Bibliothèque en ligne, le téléchargement de livres et les nouveaux outils de lecture via PC adaptés, vidéo-loupe, tablettes et liseuses. A ce jour, plus de 14.000 livres audio sont téléchargeables gratuitement par les bénéficiaires de la Ligue Braille. Deux fois par mois, des ateliers spécifiques sont organisés à leur intention.

Tags : handicap - audio - égalité numérique

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Imprimante 3D et EPN

Impression 3D et EPN : une relation durable ? 

L'impression 3D est en phase d'appropriation dans les Espaces Publics Numériques. Bien sûr, l'objectif n 'est pas de transformer les EPN en fab labs, mais la créativité qu'apporte l'impression 3D, la possibilité donnée aux utilisateurs de concevoir et de fabriquer leurs propres objets et donc de s'approprier leur production séduit de plus en plus d'animateurs multimédias. Il s'agit, comme le dit Sylvain Denis de «mettre en capacité, être acteur plutôt que consommateur en mettant le «faire», en testant, expérimentant, en laissant le droit à l'erreur et en valorisant les approches collaboratives». Il s'agit aussi de s'approprier une technologie en constante évolution et d'en découvrir les possibilités. 

 

Mais aussi les limites

«Mais aussi les limites», ajoute Benoît Van de Lanoitte. En 2009, ce chef de projets Internet tombe un peu par hasard sur un article consacré à une imprimante 3D Makerbot. «J'ai été titillé par le produit. Je l'ai acheté et puis, quand j'ai vu que cela marchait, j'ai contacté le fabricant pour leur demander un contrat de distribution sur la Belgique. Ils ont dit oui, c'est comme cela qu'Xtensys est né. Au début, j'en vendais deux ou trois par trimestre. Depuis quelques semaines, on nous en achète une dizaine par semaine. » Cela fait des années que Benoît Van de Lanoitte fait de «l'évangélisation» auprès des centres de formation, des écoles et des EPN. Celui de Huy vient se s'équiper. 

 

Attention aux vapeurs

 «L'idée est de montrer à quoi cela peut servir. On se trouve devant un début de technologie, c'est cela qui est passionnant.» Les prix varient de 750 à 150.000 €. «La différence tient moins à la qualité qu'au format. Le modèle de base «imprime» du format 12x12x12 cm pour 30x30x45 cm dans le cas du modèle le plus cher. Il y a aussi les aspects sécurité, précision, finition et...santé. On trouve deux grandes familles de matériau. L'ABS est un polymère thermoplastique qui ramollit à 90° et commence à fondre à 180°. Attention : il dégage des vapeurs toxiques lorsqu'il est chauffé. C'est pourquoi nous ne travaillons qu'avec des bobines de PLA. Elles sont fabriquées à partie d'amidon et mais et sont biodégradables. Il faut également veiller à n'utiliser que des consommables agréés, qui vont pouvoir garantir que toutes les pièces produites soient aptes à entrer en contact avec la peau» Si l'on trouve en ligne pas mal de fichiers d'objets prêts à être imprimé en 3D, on peut aussi passer par des logiciels de modélisation comme Z Brush, Blender ou AutoCad pour les férus de programmation. Dans les EPN, le couplage de l'imprimante avec un scanner 3D comme Sense donne de très beaux résultats. «On peut scanner une personne pour une reproduction sur figurine en différents matériaux: plastique bien sûr, mais aussi bronze, cuivre ou bois » D'où les bonnes questions que les EPN posent, en parallèle des acquis de l'appropriation et du tissage de lien social qu'apportent les ateliers 3D sur l'utilité et la durabilité des productions qui en découlent et sur leur empreinte environnementale. Comme d'habitude, tout sera dans l'équilibre et la mesure, sans sacrifier à la créativité et à l'émancipation des utilisateurs

 

 

Tags : Usages

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Veille des EPN de Wallonie

Tags : veille

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EPN de Jemappes : entre le kamishibai numérique et le free spray virtuel, il y a la bibliothèque

C'est en janvier 2000 que la bibliothèque de Jemappes acquiert 8 ordinateurs, situés dans une pièce derrière la salle de la documentation. L'EPN sera géré par Laurence Delhaye : «J'ai été engagée comme bibliothécaire. En parallèle j'ai animé l'espace informatique. On a commencé à faire des animations et des ateliers.» L'EPN sera labellisé en 2006 dans la foulée de l'appel à projets du Ministre Courard. L'objectif : utiliser l'espace multimédia comme porte d'entrée de la bibliothèque à des publics particuliers : enfants, demandeurs d'emploi, jeunes en décrochage scolaires, seniors. « Toutes les activités que je crée sont liées à la lecture. Leur objectif premier est l'appropriation de l'univers de la bibliothèque », explique Laurence Delhaye.

 

6 phrases, 6 dessins et une tablette

C'est le cas du kamishibai numérique. « Le kamishibai est souvent utilisé en bibliothèque pour raconter des histoires. On est parti de là pour le décliner façon numérique. Côté « hardware », on bricole au cours d'un premier atelier un logement, un butai, dans lequel on va insérer la tablette. Reste à inventer une histoire en 6 phrases qu'on illustrera avec 6 dessins. Le tout sera fait au crayon puis numérisé, ou directement réalisé avec une tablette graphique, puis retouchée. L'animation sera testée dans le cadre du printemps des bibliothèques. « On va voir si l'idée « prend ». Si c'est le cas, on pourrait imaginer une petite collection d'histoires qui pourraient être réutilisées en bibliothèque avec d'autres enfants. On pourrait aussi filmer les ateliers et fabriquer des capsules vidéo avec un public 9-12 ans. Un autre atelier tournera autour d'un butai géant, une toile tendue sur un support en bois qu'on pourra déplacer. L'idée, c'est de venir projeter un dessin sur la toile, et que les enfants le reproduise en le peignant. »

 

Visites urbaines & graffitis numériques

Laurence Delhaye « planche » aussi sur un concept de visite urbaine. « Ce ne serait pas de l'Urbex sauvage, mais un projet structuré sur plusieurs EPN de différentes régions. Le but : valoriser les territoires en proposant à un public jeune des découvertes urbaines aux travers de photos, d'archives, de recherches en bibliothèque et de visites de bâtiments désaffectés. L'idée est aussi de toucher l'art de rue. » Comment ? « On pourrait fabriquer dans un fab-lab un Free Spray dans lequel on intégrerait une diode infrarouge afin de créer une bombe de peinture virtuelle avec laquelle on pourrait « tagger » les murs d'un bâtiment à dimension historique via une tablette et un projecteur. Les auteurs pourraient être photographiés à côté de leur œuvre, et le tout rassemblé dans un site pour valoriser les créations des jeunes qui ont participé au projet et valoriser les régions concernées. »

 

Tags : animation - bibliothèque - enfants - EPN

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Veille des EPN de Wallonie

Tags : veille

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Tags : veille

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Makey Makey et les EPN

Partant du fait que tout le monde est créatif, inventif et imaginatif, Eric Rosenbaum et Jay Silver ont mis au point un système capable de transformer n’importe quel objet (liquide, solide...) en « touchpad ». Et pour cela, rien à installer, aucun logiciel, il suffit de brancher des pinces crocodile du "Makey Makey" (pour Make + Key) à l’objet en question...
 

On a trouvé l'idée amusante à TechnofuturTIC et, après une session de découverte aux Rewics de cette année, une formation a été programmée à destination des animateurs des EPN de Wallonie sous la direction de Domenico Curcio, compositeur, pianiste, formateur et animateur à l'EPN de Tubize !

 

Quelques réactions et objectifs à l'issue de cette formation :

"J'aimerais en fait organiser des stages avec des enfants (8-12 ans) autour de l'initiation à la programmation avec les outils Scratch, Makey Makey et le robot "mi primer kit de robotica" que j'ai découvert au Rewics via Sylvain Denis.  Je n'ai pas encore d'idées précises sur la méthodologie, mais je pense commencer par une initiation de 1 jour principalement autour du Makey Makey pendant les vacances de Noël" (Pierre Lardinois, animateur à l'EPN de la Haute-Lesse)
 

"Pour ma part, je compte contacter les instits de maternelle et primaire (genre 1ere) pour leur proposer une activité découverte autour d'un thème. l'idée principale qui me vient serait que les enfants touchent un objet (une pomme par exemple) et que cet objet lui parle (Bonjour, je suis une pomme) et que l'objet le renvoie à un autre (Est ce que tu pourrais m'aider a retrouver mon amie la banane? Je crois l'avoir vue près du porte-manteau) afin de créer un parcours découverte pour les tout petits autour d'un thème (dans l exemple ici, les fruits). Je compte fortement sur la créativité et l'expérience des instits maternelles pour exploiter un max les capacités de la carte Makey Makey." (Michaël Longrie, animateur à l'EPN de Grez-Doiceau)
 

"De mon côté, je vois bien les applications suivantes : la découverte de l’outil lors d’un stage enfant, sur un thème musical (les percussions par exemple) ou un atelier de programmation dans un cours de logique de programmation (à cet égard, mon projet de vendredi a été de développer le jeu SIMON – rappelle-toi quand on était gosse, il fallait reconnaitre la séquence des sons et couleurs dans l’ordre avec à chaque fois un son supplémentaire ;-)" (Christian, animateur à l'EPI de Verviers)
 

Et le témoignage de cette journée en vidéo (Merci à Domenico!) :

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Veille des EPN de Wallonie

 

Tags : veille

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Le point sur l'accès à Internet en Belgique - Mise au point sur les enjeux du numérique

Comme chaque année, les chiffres du SPF économie sur l’évolution de la société de l’information en Belgique, dans le cadre des objectifs du « Digital Agenda for Europe », sont disponibles et permettent d'analyser l'évolution de l'accès aux TIC de la population belge.

Comme avec le Baromètre TIC 2014 de l'AWT, les chiffres du SPF nous permettent de mettre à jour nos indicateurs pour 2014. Alors, qu'en est-il de cette fameuse fracture numérique ?

Selon le SPF, 80 % des ménages belges disposent d’une connexion internet et 82 % sont équipés à leur domicile d’au moins un ordinateur. L’ordinateur demeure l’appareil le plus utilisé pour se connecter à internet. Les appareils mobiles connectés à internet s’inscrivent en forte hausse. L’e-banking et la communication sur les réseaux sociaux arrivent en tête des activités pratiquées par les Belges sur internet.

Pour l'AWT, Au niveau des usages TIC des citoyens , 80% des Wallons ont utilisé Internet dans l'année mais surtout 70% l'ont utilisé de manière pratiquement quotidienne, confirmant une intensification toujours plus grande des usages. Au niveau des citoyens wallons:

  • 68% des citoyens (15 ans et plus) lisent ou envoient des e-mails,
  • 48% participent à des réseaux sociaux ou professionnels,
  • 45% effectuent des opérations bancaires en ligne,
  • 48% ont visité des sites Web administratifs dont principalement celui de leur commune (43%),
  • 31% publient des contenus sur le Web en dehors des réseaux sociaux (photos, blogs, sites web personnels)

Toutefois, 20% des wallons restent en fracture numérique d'accès et ne peuvent donc pas tirer directement profit des facilités d'Internet. Les chiffres nous montrent dès lors que la fracture numérique, si elle a diminué chaque année jusqu’en 2011, se stabilise depuis lors. Ce qui pourrait indiquer qu’on atteint progressivement un seuil incompressible ou difficilement réductible par les politiques traditionnelles en matière d'e-inclusion. 

Pourquoi alors une politique de médiation numérique est-elle toujours d'actualité ?

Parce que nous ne sommes pas tous égaux face au numérique.
Le fossé numérique, qui caractérise les disparités d'accès et d'utilisation de l'informatique et de l'internet, est lié à trois facteurs principaux :

  • générationnel : en fonction de l'âge
  • social : selon le niveau de revenus
  • culturel : selon le niveau d'instruction

Cependant, nous sommes face à « une cible mouvante » : nous ne pouvons pas nous contenter de catégoriser les « exclus du numérique » en fonction de ces critères simples. Certes l’absence de connexion est majoritaire dans trois populations : les retraités, les non‐diplômés et ceux dont le revenu est le plus faible. Mais les catégories se croisent : les seniors peuvent être parfaitement socialisés mais peu attirés par le numérique ou au contraire socialement et géographiquement isolés mais actifs sur les réseaux ; des jeunes qui vivent dans la rue, sans travail, sans toit, peuvent être complètement à l’aise avec le numérique, etc..

En 2013, le numérique a toujours des effets majeurs sur l'inclusion et l'exclusion sociale, mais ceux‐ci sont devenus à la fois plus complexes, plus profonds, plus imbriqués.

Parce que le numérique impose un mouvement permanent d’évolution et parce que chacun ne dispose pas de la même agilité d’adaptation.
Ceux qui sont d'une manière ou d'une autre empêchés d'accéder au numérique, ceux qui peinent à s'adapter aux changements qui accompagnent le numérique se trouvent pénalisés. La pauvreté, le chômage, l’isolement et la précarité, le manque de diplôme et de formation sont aujourd’hui aggravés et parfois provoqués par le manque d’expérience et de culture numériques. Les handicaps temporaires et durables ‐ le grand âge, la détention, le fait d’être étranger en attente de régularisation ‐ induisent également des empêchements qui combinés au numérique limitent la participation à la société et l’exercice des droits.

Parce que la génération Y relève d’un mythe.
Le mythe des « digital natives » tombe. Alors qu’il justifie les politiques attentistes (il suffit de laisser les jeunes déjà formés au numérique arriver sur le marché du travail et d’attendre la transition démographique), les travaux scientifiques montrent la diversité des pratiques des outils numériques chez les jeunes et l’écart entre la capacité à les utiliser et la capacité à en tirer profit dans les études, l’emploi,... Il faut nous débarrasser des idées reçues sur les nouvelles générations et leur relation au numérique pour prendre au sérieux la question ambitieuse de la littératie numérique des jeunes de tous âges.

Parce ce qu’il convient renforcer le « pouvoir agir » collectif.
Le numérique est porteur de nouvelles formes de « vivre ensemble ». Si être « inclus », c'est être citoyen, c'est aussi s'exprimer et agir sur son destin comme sur son environnement. Dissocier la capacité d’action collective de l’inclusion, ce serait alimenter le rejet de la politique, mais aussi participer à un cercle vicieux de marginalisation qui peut prendre la forme d’une perte de civilité, d’attirance pour des extrémismes politiques ou religieux, etc.

L’une des plus formidables promesses du numérique est l'augmentation du « pouvoir d'agir » des individus, des « consommacteurs ». Si cette promesse s'avérait fausse pour les publics qui connaissent déjà des difficultés, le numérique alimenterait alors l'exclusion plutôt que l'inverse.

(Recommandations d'après rapport intitulé « Citoyens d’une société numérique – Accès, Littératie, Médiations, Pouvoir d’agir: pour une nouvelle politique d’inclusion » du Conseil National du Numérique - www.cnnumerique.fr/inclusion/)

Tags : fracture-numérique

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