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Plan du Numérique : quelles mesures pour les EPN ?

Dans ses recommandations pour un Plan du numérique de la Wallonie remis en septembre dernier, le Conseil propose 50 mesures concrètes. Avec quels objectifs et priorités pour les EPN ?

 

Premier constat : la continuité avec la mission historique des EPN de réduction de la fracture numérique. Ici, la vision est de «renforcer l’accompagnement à l'usage du numérique, surtout pour les personnes les plus éloignées de celui-ci ». Cette mission d'inclusion numérique va être complétée par d'autres interventions, notamment à destination des jeunes scolarisés. Ils pourraient être touchés de façon ponctuelle : le Conseil évoque la mise en place de 2 semaines numériques par an (durant les « jours blancs » par exemple) où l'on pourrait faire appel à des structures d’intermédiation comme les EPN ou les Creative Hubs. Ou encore des actions de sensibilisation menées dans les écoles pour jongler avec les Game jam, Hackathon et autres FabLab.

 

Pérenniser les EPN

Sur le plus long terme, c'est toute la question de l'intégration de l'éducation aux médias et de l'identité numérique dans l'éducation citoyenne qui est posée. Les EPN pourraient également jouer le rôle de lieux de formation citoyens ainsi que de lieu de relais pour acculturation numérique des mandataires publics, travailleurs sociaux, commerçants locaux. Reste que, depuis plus de 10 ans en Wallonie, les EPN ont fait leurs preuves, «non seulement dans l'éducation numérique des publics plus défavorisés et éloignés des technologies mais aussi en tant que relais social dans la cité pour permettre aux citoyens de comprendre les enjeux de la révolution numérique dont ils peuvent devenir parties prenantes. » En effet continue le Conseil, «Les citoyens, surtout les plus démunis, ont besoin d'être accompagnés dans cette transformation qui touche notre façon d'apprendre, de travailler, de nous déplacer, de nous soigner, d'interagir avec les services publics, d'effectuer les paiements, etc. » Selon les auteurs du plan, il est donc important de prendre les mesures nécessaires afin de pérenniser les EPN, d'étendre leurs actions et d'en assurer la promotion. Cela devrait passer par le renouvellement de la convention d'animation des EPN pour l'année 2016 et suivantes, et par des actions d'impulsion au développement du réseau.

 

Pour un vrai statut stable des travailleurs des EPN

Des actions «à déterminer ». Si donc le flou reste sur la redynamisation des EPN en attente depuis très longtemps de soutiens structurels clairs, l'horizon semble se dégager avec la volonté de promouvoir la reconnaissance professionnelle du métier d'animateur multimédia et de médiateur numérique: «un vrai statut stable pour les animateurs est aussi le garant indispensable de la conservation et de l'évolution de ces expertises au profit du développement social et numérique de notre région. » Dont acte !

Tags : alphabétisation numérique - Médiation Numérique - animateurs multimédia

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Un plan numérique pour la Wallonie

Le Conseil du Numérique a remis le 18 septembre dernier ses propositions pour la mise en place d'un Plan numérique à l'échelle de la Wallonie. Il est structuré sur 5 thématiques  qui visent à la fois les infrastructures, l'économie, les services, la recherche et la formation.

 

Le but recherché est de « faire de la Wallonie un territoire connecté et intelligent » en mettant les entreprises technologique au cœur d'une mutation industrielle réussie. Il s'agit aussi de mettre l'innovation technologique au service de la qualité de l'éducation, de l'ouverture des services publics et du bien être des citoyens. Pour atteindre cet objectif, le Conseil a identifié 5 thèmes et fixé pour eux des objectifs stratégiques. Le premier concerne le secteur numérique proprement dit. S'il constitue un secteur à part entière, il joue également le rôle de catalyseur pour l'ensemble des autres secteurs et doit servir, c'est le deuxième axe, comme levier majeur du redéploiement de l'économie wallonne.

 

Ouvrir la fonction publique au numérique

En parallèle des industries et des services, les administrations peuvent s'appuyer sur le numérique pour proposer une nouvelle génération de services publics, dans un territoire connecté à très haut débit avec accès illimité proposé à des citoyens qui «doivent devenir les acteurs de la transformation numérique par l'acquisition de compétences technologiques». Dans ce dernier volet, les EPN sont également concernés, au même titre que les écoles. Le conseil préconise d'identifier via un cadastre des infrastructures les possibilités de connexion au Très Haut Débit (THD) pour l'ensemble des écoles et des EPN, puis de conclure un contrat cadre avec les opérateurs afin de les relier au THD. Le Conseil préconise encore d'inclure systématiquement les écoles et les EPN concernés dans l'approche « Giga Quartiers » et de valoriser les réalisations pédagogiques innovantes rendues possible par le passage au Giga. Les enseignants doivent être formés et accompagnés afin d'accélérer la transition numérique des processus d'apprentissage : ce pourrait être une nouvelle mission pour les animateurs multimédias des EPN . Il s'agit aussi de faciliter la création, l'échange et l'utilisation des ressources numériques pour l'éducation et la formation professionnelle.

 

5 thèmes, 50 mesures

5 thèmes donc, déclinés en 50 mesures concrètes regroupées par axes prioritaires et objectifs stratégiques dans un plan qui doit s'aligner avec le Plan Marschall 4.0. Il devra en outre assurer la cohérence avec les autres projets numériques initiés au sein de la Région (Creative Wallonia, projets FEDER, décret recherche, Small Business Act) et être articulé « en bonne intelligence » avec les actions de la Fédération Wallonie Bruxelles et du gouvernement fédéral (Digital Belgium) et de l'Europe (Stratégie pour un marché unique numérique en Europe).

 

Conseil du numérique renouvelé

Le conseil préconise enfin de voir sa mission renouvelée (au moins pour une durée de 5 ans) afin d'assurer le pilotage de la mise en œuvre du Plan, notamment sur base d'un reporting régulier coordonnée par l'Agence du numérique. Dans la foulée, la marque de fabrique de la Wallonie numérique verra le jour : Digital Wallonia est né.

Tags : agence conseil du numérique - missions

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Inclusion numérique : les EPN dans le comité de suivi de projet d'IDEALIC

Le projet de recherche IDEALIC est porté conjointement par la Fondation Travail-Université et par SMIT. Son propos est d'explorer de quelles manière des politiques et des initiatives en matière d'e-inclusion peuvent fournir des solutions face aux nouveaux mécanismes d'exclusion qui se mettent en place avec le « virage numérique ». Ce projet sur 4 ans prévoit une série de workshops dans les années 3 et 4, pour lesquels le réseau des EPN sera sollicité.

 

Contact avec les acteurs de terrain

Gérard Valenduc, professeur invité à l’UCL et à l’UNamur, directeur de recherche à la Fondation Travail-Université : « Eric Blanchart est dans le comité de suivi du projet, de même que Stephan Platteau pour la coordination bruxelloise CABAN et Laure Van Hoecke pour LINC en Flandre. Nous avons par ailleurs demandé au réseau Wallon des EPN d'alimenter le blog et l'agenda du site d'Idealic, et nous comptons bien sûr sur eux pour le travail prévu avec les acteurs de terrain. « 

 

Bilan des propositions existantes en matière d'inclusion numérique

Le budget alloué par la Politique Fédérale (Belspo, dans le cadre du volet « Digital Turn » de son programme Brain-Be) est d'environ 320.000 € pour chaque équipe de recherche, plus un petit complément pour SMIT pour la coordination. Gérard Valenduc : «On prévoit pour la première année une réévaluation approfondie de certains concepts dont nous pensons qu’ils sont en train de changer de nature, comme le concept d’inclusion numérique, d’exclusion numérique, leurs liens avec l’inclusion/exclusion sociale, la notion d’autonomie par rapport aux usages du numérique et l’évolution de cette notion tout au long du parcours de vie, la notion de compétences numériques. Nous allons également effectuer une analyse statistique secondaire des données belges de l’enquête Eurostat sur les usages des TIC par les individus et les ménages, de manière à aller au-delà des statistiques descriptives et à hiérarchiser les facteurs d’exclusion numérique. » Les chercheurs réaliseront également un bilan des propositions existantes en matière de politique d’e-inclusion au niveau national et régional, à ce stade, essentiellement à partir des travaux antérieurs de SMIT et FTU.

 

Réfléchir aux mécanismes d'exclusion

Les deux équipes de recherche vont également tenter de répondre à cette question : les institutions qui conçoivent des services numériques réfléchissent-elles anticipativement aux mécanismes d'exclusion numérique ? Et dans quelle mesure mettent-elles en œuvre des actions pour s'assurer que tous les citoyens peuvent utiliser leurs services numérisés de façon autonome ? Ces questions seront réalisées à travers 3 études de cas à réaliser auprès de service de mobilité, de service de santé et du portail Brussels.be

 

Tags : égalité numérique - agence conseil du numérique - fracture-numérique - inclusion numérique

Inclusion numérique : les acteurs de terrain sont épuisés !

C'est en cohésionoctobre 2010 que la Fondation Travail Université remettait ses conclusions pour la préparation de la deuxième phase du plan national de lutte contre la fracture numérique 2011-2015. Restée lettre morte faute de gouvernement, puis faute de volonté politique, le SPP intégration sociale a demandé à l'institut de recherche une actualisation de la photographie de la situation et des recommandations. Gérard Valenduc, Directeur de recherche : « «La problématique de l'accès à l'informatique et à Internet est passée au second plan. La fracture numérique en tant que telle s'est considérablement réduite : 80 % des ménages y ont accès, contre 50 % en 2005. Les besoins s'expriment plus en terme d'inclusion numérique. » C'est ce nouveau défi que des structures comme les EPN doivent aujourd'hui rencontrer.

Un épuisement des acteurs
Gérard Valenduc : « Or on constate, et cela vaut pour les trois régions du pays, un épuisement des acteurs de terrain face à des politiques de financement par projet qui ne permettent pas une stabilité de l'action. Les animateurs des EPN s'investissent dans un travail de fond qui est court-circuité par ces logiques de financement non structurel. Il y a un besoin de stabilité, d'autant que les EPN sont confrontés à une diversification de ses publics.» Des publics qui ne sont plus nécessairement « ignorants » d'Internet mais en attente d'aide, de conseil et d'accompagnement non seulement dans l'usage de l'outil numérique mais aussi dans des services comme la recherche d'un emploi ou d'un logement. »

Déficit de financement structurel
« On se trouve clairement devant un déficit de financement structurel. A Bruxelles, une coordination (CABAN) est en train de se mettre en place mais elle est en attente d'une reconnaissance politique. En Wallonie, les EPN sont à la recherche d'un second souffle, d'un financement plus stable et d'une reconnaissance professionnelle. Celle-ci est dans le tube depuis plusieurs années mais tarde à se concrétiser. Dans les mesures que nous avons remis au SPP, nous préconisons d'aider les EPN à relever les nouveaux défis de l'inclusion numérique, notamment au niveau des usages mobiles, en les soutenant financièrement et en organisant la transition vers de nouveaux services. » « Nous proposons aussi de mettre le numérique au service du lien social, notamment en l'inscrivant dans les plans communaux pluriannuels d'action sociale. Cela permettrait de mieux reconnaître le rôle des EPN dans la politique éducative, culturelle et sociale au niveau des communes et des quartiers. Il faut aussi ancrer le numérique dans les pratiques des décideurs publics. Les EPN sont souvent confrontés à une méconnaissance des potentialités du numérique de la part des autorités communales. »

Tags : CABAN - financement - FTU - inclusion numérique - SPP Intégration sociale - Valenduc

Les EPN, des guichets numériques pour des espaces citoyens tout public

image.pngC'est une des principales conclusions de la table ronde organisée le 14 novembre dernier sur l'évolution des missions des EPN. L'EPN est un espace citoyen « neutre », ouvert à tout public et pas seulement aux citoyens précarisés ou à la recherche d'un emploi. Créés au départ en tant que lieux d'accès pour réduire la fracture numérique, les EPN ne doivent pas être réduits au seul concept de local de formation informatique. Eric Blanchart : «Ce serait une erreur de réduire les EPN à de simples outils de « gestion » de la révolution Web. Il ne s'agit pas pour eux de promouvoir les techniques mais d'encourager les bonnes pratiques pour plus de bien être et d'insertion du citoyen, pour des accès à l'emploi plus facile, pour une culture numérique pour tous. »

Exit la fracture numérique
Pierre Lelong : « Il ne s'agit plus de parler de fracture numérique, mais bien de mettre à l'ordre du jour le concept d'inclusion en tant que processus permanent d'appropriation des techniques, donc sans curseur fixe entre les « inclus » et les « exclus ». De lieu d'accès, on devrait s'orienter vers des structures de services à dimension territoriale. Partant du concept de guichet, on pourrait imaginer leur déclinaison en fonction de la taille de l'EPN et du type d'activités qui y sont menées : centre de ressources numériques, information et conseil citoyen, formation des acteurs locaux, veille territoriale, support à destination des dispositifs EPN plus petits, conseil pour le tissu associatif. Il faut adosser à l'activité d'accès libre celle d'accompagnement et de soutien à la dynamique locale. Il faut donner à la formation une orientation usage et développer des logiques d'information.  On pourrait imaginer des « Super EPN » dotés de fonction de coordination et de remontée des besoins vers le centre de compétences de la Région wallonne. Reste à voir comment tout cela peut se financer. »

Guichets citoyens du numérique
Michel Jadot : «La fonction des EPN est trop floue aux yeux des citoyens. On croit que les EPN sont là pour assurer un accès gratuit à l'informatique et à Internet, mais on est équipé à la maison. Qu'ils sont là pour former, mais on est déjà formé. Ou du moins on croit qu'on l'est, mais on a plein de petits problèmes et on hésite à ouvrir la porte d'un EPN pour une simple question. On a peur d'embêter. Avec la notion du guichet, on sait qu'on peut passer la porte quand on le souhaite, que quelqu'un est là pour me répondre. Cela implique d'alimenter les EPN en supports et brochures d'information sur le numérique et de prévoir des soutiens financiers. A l'heure où l'on baigne dans le tout numérique, il me semble que l'enjeu en vaut la chandelle. Stéphane Ochendzam : « Cela me semble en effet un dispositif facile à mettre en place pour apporter et garantir des services à des citoyens qui sont confrontés en permanence avec des problématiques et des questions liées au numérique : sécurité, virus, protection des données, recherche critique de l'information, accès aux services en ligne, comparaison des offres des fournisseurs d'accès,...  Cela traverse différents champs et compétences : l'action sociale, l'égalité des chances, l'emploi, les télécommunications, l'économie, la sécurité des personnes, les pouvoirs publics locaux, régionaux, communautaires et fédéraux. Reste à voir comment orchestrer tout cela. »

Porteurs de projets et « mailleurs » de territoires
Eric Blanchart : « Il est aussi fondamental de rappeler que les EPN ne sont pas là pour encourager les techniques mais pour promouvoir les pratiques et les usages. Il faut se concentrer sur la valeur ajoutée des actions de formation, ne pas mettre l'outil abordé en évidence, mais ce à quoi il peut s'avérer utile dans le cadre d'un projet à l'échelle d'un citoyen ou d'un acteur local. » Michel Jadot : « Un EPN ne doit pas rester figé, il doit s'ouvrir aux autres, multiplier les projets et les partenariats. Nous devons être des acteurs d'animation des territoires numériques d'aujourd'hui et de demain. » Contre l'exclusion, pour l'inclusion, numérique et donc sociale, culturelle et économique.  C'est en guise de conclusion sur la nécessaire redéfinition des rôles des EPN le dernier volet d'importance : celui du maillage territorial.

Tags : guichet numérique - inclusion numérique - territoire numérique

Les EPN, acteurs d'inclusion et porteurs de projets des territoires numériques

folder.jpgA l'heure où une grande majorité des citoyens sont connectés à Internet, peut-on encore parler de fracture numérique en Wallonie ? Quelles sont, doivent et devraient être les missions des Espaces Publics Numériques, quels rôles jouent-ils dans l'animation d'un territoire numérique et quelles responsabilités leur donne-t-on et veut-on leur donner ? Ce sont ces questions qu'ont évoquées au cours d'une table ronde organisée le 14 novembre dernier à Namur Eric Blanchart, chargé de mission EPN de Wallonie et coordinateur de la Semaine Numérique, Michel Jadot, responsable de l'EPN de Huy, Pierre Lelong, Coordinateur du Pôle Ressources & Diffusion de Technofutur TIC, Stéphane Ochendzan, Observateur pour la Région Wallonne et Gérard Valenduc, Directeur de recherche à la Fondation Travail-Université.

Quand la fracture numérique sort du radar
Eric Blanchart : « Si l'on effectue une recherche en ligne sur la combinaison des mots clés « fracture numérique » et « Belgique », plus rien d'actuel n'apparaît. On ne publie plus sur ce sujet. Cette expression semble complètement sortie du radar.   Gérard Valenduc : « C'est un constat d'autant plus intéressant que le SPF intégration sociale vient de nous demander de remettre à jour nos conclusions du plan de préparation de la deuxième phase du plan national de lutte contre la fracture numérique 2011-2015. Déjà à l'époque, en 2010, nous proposions de parler plutôt d'inclusion numérique. Aujourd'hui, si l'on regarde les chiffres bruts de Statbel, on constate qu'il y a 90 % d'utilisateurs réguliers d'Internet dans la population. Cela qui ne veut pas dire que les inégalités dans l'accès Internet, ce qu'on a appelé la fracture numérique au premier degré, ait tout à fait disparu. Par exemple, le facteur de discrimination revenus reste spectaculaire. Si l'on regarde par exemple le premier quartile, c'est à dire le quart de la population qui a les revenus les plus faibles, on est à peine à 50 %. C'est pour cela qu'il est plus pertinent de parler d'exclusion dans les poches de la population où elle existe encore et d'inclusion quand il s'agit de s'insérer dans la société numérique. Il faut donc mener des politiques à deux niveaux. Il s'agit de favoriser la pleine inclusion sociale par des activités liées au numérique tout en ciblant les dernières poches d'exclusion en matière d'accès. »

La culture et les emplois numériques sont les enjeux de demain.
C'est entre ces deux missions que les EPN se sentent parfois écartelés, faute d'un mandat clair, faute de moyens, faute de formation et d'encadrement ad hoc. Pierre Lelong : «Nous avons une définition de l'inclusion sociale, pas de l'inclusion numérique car la situation évolue sans cesse. Il n'existe pas, intellectuellement, un curseur qui permette de dire : ici je suis inclus, là le suis exclus car les outils et les usages évoluent sans cesse. Reste que les élus commencent à comprendre que l'inclusion numérique est fondamentale à l'inclusion sociale et que celle-ci est un travail qui doit se faire en amont ou en parallèle de l'accès, de l'éducation et de l'inclusion au numérique. Il y a de nouveaux dispositifs à imaginer. Il y a des partenariats et des frontières à dessiner avec différents acteurs sociaux, culturels et économiques de terrain. Eric Blanchart : « Oui, tout à fait. En 2005, les missions des EPN étaient claires. Aujourd'hui, c'est plus diffus. Les EPN sont parfois réduits au simple rôle de local d'accès à l'informatique. Or ils sont de plus en plus des espaces à vocation sociale, des lieux d'animation et de maillage d'un territoire. Ces rôles d'interface et d'acteur de l'inclusion numérique nécessitent un encadrement et des moyens qui font parfois cruellement défaut. Pierre Lelong : «Et qu'il faut repenser dans le cadre d'une politique locale numérique réfléchie et structurée qui définit les articulations entre les différents acteurs présents sur le territoire numérique. Il faut initier des dynamiques transversales. La culture et les emplois numériques sont les enjeux de demain. »

Interface conseil
Michel Jadot : « On se situe aujourd'hui sur le terrain du social et de l'usage. Les EPN sont de plus en plus un lieu d'accès public, un espace d'échanges et de rencontres. C'est un endroit social. Nous avons de plus en plus comme mission d'utiliser le numérique pour rassembler des gens autour d'un projet. Et puis il y a toute la question du savoir faire. Nous avons dans notre public des personnes qui ont travaillé avec un ordinateur en entreprise, mais avec des logiciels figés. Ils ont des questions très précises - joindre une pièce à un message, redimensionner une photo, publier sur un réseau social. Il faut y répondre avec de petits modules micro-ciblés. Cela n'a plus grand chose à voir avec une formation générique. Même chose pour des jeunes qui connaissent les réseaux sociaux par coeur, mais qui ne savent pas poster un CV en ligne. Voilà pour moi les 3 missions d'un EPN  : l'inclusion numérique, la formation et l'animation territoriale. En fait, il faudrait parler de guichet numérique. Il faudrait valider les structures des EPN en tant qu'interface de conseil avec le citoyen, les soutenir et les alimenter en ce sens. »

Reconnaissance statutaire
Stéphane Ochendzam : « Il me semble effectivement essentiel de recentrer les missions des EPN qui doivent faire l'objet d'une nouvelle impulsion en provenance du politique. Les EPN sont des espaces stratégiques de contact avec un citoyen de plus en plus immergé dans la société du numérique. Leurs rôles d'éducation, de formation et d'animation autour d'un projet et d'un territoire sont cruciaux. Dans ce contexte, le rôle et la fonction des animateurs multimédias doivent faire l'objet d'une reconnaissance statutaire. »

Tags : culture numérique - emplois numériques - fracture-numérique - guichet numérique - inclusion sociale - SPF Intégration sociale

EPN d'Yvoir : des expériences numériques citoyennes

l'EPN d'YvoirDamien Maillard est responsable de l'informatique de la commune d'Yvoir et de son Espace Public Numérique. Il en assure l'animation en collaboration avec Veronica Casa. « On fait partie », explique Damien Mailliard », de la première vague de 2005. » La commune compte deux espaces. L'un se trouve dans le centre du village d'Yvoir, l'autre se situe au sein de la bibliothèque de Godinne. « Nous fonctionnons sur base de cycles de formation de 6 mois, grosso modo de janvier à juin et de septembre à décembre, avec un public composé essentiellement de seniors. Il s'agit de formations de base, qui pourront être complétées en fonction des demandes par des ateliers d'approfondissement sur les réseaux sociaux, la manipulation de photos ou des fonctions bureautiques avancées. »

Douche froide
L'EPN d'Yvoir participe également à des partenariats originaux. L'un débouchera sur «Douche froide », un court métrage réalisée en 2010 par Benoît Mariage. Ce film de 28 minutes est le résultat du projet "les Jeunes passeurs d'images citoyennes" conduit en 2009 par l'ASBL le Centre Permanent pour la Citoyenneté et la Participation en collaboration avec le CPAS, le centre de réfugié de la Croix Rouge, la Maison des Jeunes et l'EPN communal d'Yvoir. Une cinquantaine de participants amateurs (demandeurs d'asiles et jeunes d'Yvoir) vont travailler durant une année à la constitution du film : ateliers d'écriture, sons et techniques de l'image. Le tournage aura lieu en avril 2010. Douche froide, c'est l'histoire d'une jeune africaine confrontée aux mêmes difficultés que de nombreux demandeurs d'asile. Au centre d'accueil pour réfugiés d'Yvoir, arrive Marie-Blanche, une jeune camerounaise en situation illégale. Par le hasard des rencontres, elle fera la connaissance de trois résidents d'un camping en quête d'emploi. Il s'ensuivra une succession d'événements qui feront chambouler son destin et interroger plus d'un au sein de la commune bucolique d'Yvoir. « L'objectif de ce projet soutenu par Fondation Roi Baudouin était de favoriser le tissage de liens entre les habitants de la commune, les demandeurs d'asile du centre de la Croix-Rouge et les habitants du parc résidentiel «  La Gayolle ».

De Parlement en Parlement
Le projet citoyenneté-démocratie mis sur pied par le Plan d'Habitat Permanent et l'EPN s'adresse lui aussi aux résidents de la Gayolle. Veronica Casa, animatrice : « Il s'agit d'une formation destinée aux enfants organisée en collaboration avec Anne-Pascale Leboutte de l'Antenne sociale pour le plan Habitat Permanent. Elle a pour but de faire découvrir les 4 niveaux de pouvoir en Belgique. Anne-pascale s'est occupée de la communication avec les familles. Moi, je me suis plus penchée avec l'aide d'un stagiaire sur la formation proprement dite. Nous avons mis au point un atelier ludique où finalement, l'informatique est plus un prétexte à un projet citoyen. » C'est ainsi que le groupe d'enfants s'est réuni à quatre reprises à l'EPN d'Yvoir pour une session de préparation de 4 visites : recherche Internet sur les principes et le fonctionnement de la démocratie, rôle des élus à chaque niveau de pouvoir, etc. « Nous nous sommes rendus à l'administration communale d'Yvoir, nous avons visité les Parlements Wallon et Fédéral pour conclure avec la découverte du Parlement européen. » L'essai va être transformé à la rentrée. « Nous préparons, toujours dans le cadre du Plan Habitat Permanent, un projet du même type portant sur l'environnement. »

Tags : citoyenneté - cohésion sociale - Damien Maillard - fracture-numérique - habitat permanente - Veronica Casa - Yvoir

2 Appels à projets pour les EPN de Wallonie !

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"Tirer profit des TIC pour activer professionnellement et socialement les groupes fragilisés" est le nom de l'Appel à projets du Fédéral via le SPP Intégration sociale.

Au travers de cet appel, la secrétaire d'État à l'Intégration sociale souhaite encourager les organismes publics et privés à tirer profit des TIC pour activer professionnellement et socialement les personnes plus isolées afin qu'elles puissent profiter elles aussi des avantages qu'offre le monde numérique.

Objectifs :

  • Offrir aux personnes défavorisées la possibilité de dépasser les limites de leur monde numérique et de développer des capacités dans le domaine des TIC qui leur permettront d'accéder au marché du travail.
  • Renforcer les aptitudes relevant des TIC qui contribuent à l'autonomie et renforcer la confiance des personnes visées en leur propres capacités.
  • Promouvoir la collaboration entre les CPAS et les organisations actives dans la lutte contre la fracture numérique.
  • Échanger des connaissances, du savoir-faire et des exemples de bonnes pratiques

Le subside demandé peut s'élever à 25.000,00EUR maximum. L'AP s'adresse aussi bien aux ASBL, qu'aux Communes et CPAS.

Le projet doit être introduit avant le 15/07 à l'aide du formulaire en ligne disponible sur le site du SPP Intégration sociale à l'adresse suivante :

http://www.mi-is.be/be-fr/formulaire/formulaire-dinscription-pour-lappel-a-projets-tirer-profit-des-tic-pour-activer-professio

Plus d'informations ICI.

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La Région wallonne, via le Ministère de l'Action sociale et de l'égalité des chances, lance également l'Appel à projets "Papy Mamy surfers 2013". C'est la quatrième génération de cet AP dont l'objectif vise à la fois à lutter contre la  fracture numérique et à participer à la qualité de vie des ainés, à domicile et au sein des établissements qui les accueillent et les hébergent.

En plus des 2 volets classiques s'adressant exclusivement aux EPN de Wallonie, l'AP 2013 introduit cette année la possibilité aux Communes ne disposant pas d'un EPN sur son territoire de passer par le Conseil consultatif des Ainés (CCA) pour déposer un projet.

Le formulaire de candidature doit être complété et renvoyé au plus tard pour le 01/09/2013.

Les projets retenus bénéficieront de subvention allant de 3500EUR  (volet 1 et 3)à 5000EUR (volet 2).

Plus d'informations ICI.


Tags : appel-à-projets - fédéral - région-wallonne

Enquête : Utilisation des TIC auprès des ménages en Belgique par le SPF Economie

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Ce 11 avril 2013, le SPF économie, via la Direction générale Statistique et Information économique, a publié les résultats d'une enquête sur l'équipement TIC des ménages à partir d"un échantillon de plus de 6000 belges.

On y apprend qu'en 2012, 80% des ménages belges disposaient d'au moins un ordinateur et 78% d'une connexion à internet. Parmi les 20% de ménages ne disposant pas d'ordinateur, 5% ont l'intention d'en acheter un au cours des 12 prochains mois.

«La façon dont les gens se connectent à la toile évolue», analyse le SPF. Les GSM (33% des foyers) ou les tablettes (14%) deviennent des outils incontournables pour de plus en plus de Belges. En 2011, on relevait 22% de connexions à partir de GSM et 4% depuis une tablette.

En 5 ans, le pourcentage des personnes âgées de 16 à 74 ans ayant effectué des achats en ligne au cours des 12 derniers mois a plus que doublé pour atteindre 45% en 2012.

Le communiqué de presse : ICI

Indicateurs TIC (2005-2012) : ICI


Tags : étude - fracture-numérique

Colloque Plan de Cohésion Sociale : jouer la carte des réseaux et du (re)tissage des liens

Le colloque Plan de Cohésion Sociale de la MarlagneLe 14 mars dernier, quelque 450 personnes ont bravé le mauvais temps pour assister au Colloque « Ensemble pour le bien être de tous. Evaluations et perspectives du Plan de cohésion sociale en Wallonie ». Pour mémoire le PCS (Plan de Cohésion Sociale des Villes et Communes de Wallonie) qui s'achève a été mis en oeuvre en 2009. 147 communes (soit potentiellement 2.7555.351 habitants) y ont participé qui totalisent 1712 actions réparties sur 4 axes : l'insertion socioprofessionnelle (24%), l'accès à un logement (11%), l'accès à la santé et au traitement des assuétudes (20%), le retissage des liens sociaux, intergénérationnels et culturels (43%). Les EPN sont plus directement concernés par l'axe 1 qui rejoint la stratégie d'inclusion active en faveur de l'intégration des personnes en marge du marché du travail et l'axe 4 qui comprend de nombreuses actions à destination d'un public jeune sociale ment précarisé et favorise en outre la participation citoyenne . Au total le plan mobilise annuellement plus de 34 millions d'euros, avec un volume d'emploi estimé à 663,65 équivalents temps plein.

Passer de la prévention à l'émancipation sociale


En 2009, le lancement du PCS s'est fait avec l'objectif principal de transformer les dispositifs précédents axés sur la prévention en un outil d'émancipation sociale. Soit travailler à garantir le droit pour tous à un revenu digne, à la santé, au logement, au travail, à la formation et à la culture. Aujourd'hui, nous devons réfléchir à corriger les erreurs et à engranger les acquis. Nous devons confronter le plan à la crise et relancer une nouvelle mécanique"

Evaluation participative


Plan de Cohésion Sociale, le colloque de la MarlagneLe plan a fait l'objet de plusieurs niveaux d'évaluation, locale, supra-communale et régionale et réunit différents acteurs. Les communes via des tables-rondes qui ont réuni bénéficiaires et partenaires. Elles ont fait l'objet d'un rapport d'évaluation. La DiCS est partie de ce travail pour analyser l'impact des PCS. L'IWEPS a apporté son soutien méthodologique et conventionné l'Université de Liège pour l'organisation des tables rondes supra-communales et l'analyse des processus liés au PCS. En substance, il s'est s'agi de répondre à 3 questions : qu'a-t-on fait, pour quels résultats et comment cela s'est-il passé ? Last but not least : le Conseil de l'Europe a pris en charge la formation des chefs de projets, qui occupe la délicate fonction de « chef d'orchestre » des PCS. Qu'en ressort-il ? En attendant les recommandations définitives qui seront formulées à l'intention du gouvernement, plusieurs pistes sont évoquées par les intervenants du colloque. Aller plus loin, en ne se limitant pas aux 4 axes du plan actuel pour embrasser des thématiques telles que la mobilité, l'environnement, la culture, l'éducation ou l'urbain. Aller plus loin encore dans l'implication des citoyens et la valorisation du bénévolat. Aller plus loin enfin dans la coopération intercommunale et travailler à une meilleure articulation entre les PCS et les CPAS. Mieux informer, rendre les PCS plus visibles, simplifier les procédures et réfléchir aux effets possibles de levier afin d'en augmenter au maximum l'impact : c'est l'effet boule de neige qui est recherché.

Mutualiser les idées


C'est en avril prochain que partiront les appels à projets pour un nouveau Plan de Cohésion Sociale d'une durée de 6 ans. Les approbations auront lieu fin octobre, le démarrage des projets début janvier 2014. Les pouvoirs régionaux espèrent bien sûr qu'un maximum de communes y adhèrent, avec un souhait de concertation inter ou supra-communale c'est selon, l'objectif étant d'axer le nouveau programme sur une logique de mutualisation et, c'est en substance ce qu'il faudra retenir comme principal mot clé, sur celle de la démultiplication. Faire mieux avec autant, sinon moins, et placer la créativité et la mise en réseau au coeur du nouveau PCS

Tags : Communes - Dics - insertion socio-professionnelle - Intergénérationnel - Iweps - liens sociaux - PCS - Plan de cohésion sociale

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