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"Au-delà de l'espèce" avec le KIKK Festival

C'est du 1er au 4 novembre 2019 que s'est déroulée la huitième édition du Kikk festival à Namur, un événement gratuit consacré aux cultures numériques et créatives. Cette année la thématique était consacrée à l'influence de l'humain et des technologies sur la planète, la fragilité de ses écosystèmes, mais d'une manière positive, a annoncé la programmatrice Marie du Chastel. Ainsi au programme 50 conférences et 25 artistes pour défaire nos visions anthropocentriques du monde en déplaçant les points de vue.

Grande nouveauté 2018, le « Kikk in Town » s’étendait au cœur du centre-ville, avec 20 créations installées dans des lieux insolites et un parcours unique en réalité augmentée. Munis d’un plan pour découvrir les œuvres dans la ville, les visiteurs ont pu explorer les frontières entre le vivant et le non-vivant, la vie artificielle, les écosystèmes interactifs et les créatures hybrides… Comme l’installation « Edge of chaos » de Vasilija Abramovic et Ruairi Glynn, paysage aux formes complexes qui réagit à l’approche des visiteurs ou bien encore les timides fleurs de Miranda Moss qui se recroquevillent face au bruit et ne se remettront à fleurir que lorsque le silence se fera. 

De la contemplation…

La programmation artistique du Kikk mélange les styles, les disciplines, les ambiances laissant place à tous les imaginaires... A la galerie du Beffroi, les Microscopies d’Alain Wergifosse explore les limites du visible et de l’audible avec onirisme et poésie. A travers ses installations immersives, l’artiste nous plonge au cœur des formes surprenantes et des textures hypnotiques de la nature. Ses lentes microscopies vidéos jouent sur les contrastes et rapprochements entre images réelles et inventées. Dans un même temps ralenti, à la Cathédrale Saint-Aubin, la sculpture vidéo du studio berlinois Pfadfinderei, fait fondre l’écran et le contenu. Une image de madone se transforme cycliquement en gradients abstraits, puis à nouveau en image perceptible.  Cette piéta de leds pixellisée en dégradé de bleus nous questionne sur le passage de l’image abstraite à la figuration et fait le pont entre figure classique et art contemporain. Immersions sensibles, contemplatives, les sculptures de data et projections de lumière intitulées Melting Memories de Refik Anadol, nous font découvrir les mouvements moteurs à l’intérieur d’un cerveau humain. Ces collaborations arts-sciences questionnent la place de l’homme dans l’univers, ses usages et ses modes de production. Les objets vivants et non-vivants fascinent et inquiètent comme l’installation sonore de Cod.Act intitulé Ver de terre IITon/2. Mis en mouvement par des moteurs répartis à l’intérieur de son corps, cet anneau flexible se tord, ondule et se déplace de manière naturelle et imprévisible. Un long boyau en caoutchouc refermé sur lui-même est animé de contorsions et d’ondulations semblables à celles d’un organisme invertébré. Encerclé par un groupe de personnages muets mais équipés d’haut-parleurs, la créature semble vainement tenter de se libérer de cette présence inquiétante.

… à l’interaction visuelle et sonore

Tele-present Wind de David Bowen se compose d’une série de 126 dispositifs mécaniques de basculement reliés à de minces tiges de plantes séchées qui sont connectées en temps réel à une branche située de l’autre côté de l’Atlantique aux Etats-Unis, sur laquelle se trouve un capteur. Quand le vent souffle à Duluth dans le Minnesota, les tiges des fleurs séchées oscillent au même rythme à Namur.

L’installation On Random Walks de Franziska Windisch porte sur la façon dont les nœuds contribuent à la compréhension de l’espace et du mouvement. Un ensemble de plateaux de laiton vibre sous l’action de fréquences infra soniques, diffusées par des hauts-parleurs de graves. La fréquence déclenche, de manière imprévisible, le mouvement d’une chaîne de perles, déposées sur chaque plateau.

A l’église Notre-Dame d’Harscamp, SMing du studio Superbe est un dispositif musical interactif offrant aux visiteurs la possibilité d'être à la fois chef d'orchestre et chœur entier. Une seule note émise par le son de sa voix (et la vidéo) suffit pour se retrouver face à une chorale de clones. Il reste ensuite à s’emparer de la baguette connectée pour diriger l'orchestre allant de la soprane au baryton. Déterminée par les mouvements et le ton de la voix enregistrée, la musique est inspirée par les suites d'accords de grands compositeurs pour interpréter une symphonie plus ou moins harmonieuse. Le titre de l'oeuvre évoque ce principe actif-passif par les deux majuscules S (position sadique) et M (position masochiste) associées au signifiant "sing", chanter et faire chanter, se faire chanter explique Gaétan Libertiaux, qui a imaginé la pièce avec Gaël Bertrand, ingénieur en électronique. Dans ce projet, l’individu (l’indivisé) se confronte à sa dimension fragmentaire, multipliée et divisée. » « Pouvons-nous sans fin nous échantillonner et réinventer les profils de nos vies, réinterpréter une œuvre tout en étant la matière et le pilote, le sujet et l’objet ?, questionne l’auteur, formé à la psychanalyse. Etre un autre pour soi-même est fondamental et indispensable à l’avènement de notre condition de sujet créateur. Cette dissociation est une condition préalable à notre désir, moteur de notre potentiel créatif, quand la musique est certainement ce qui nous lie le plus intimement à la nature, et à sa fonction créatrice. »

Un parcours augmenté !

Les visiteurs ont pu également, à l’aide d’un GSM, faire surgir toutes sortes d’organismes sur les façades de la ville avec les œuvres d' Amelie Rosser, d’Edan Kwan, de Matt DesLauriers pour n'en citer que quelques uns. Les rues deviennent alors un musée d’explorations, un exemple avec Bruno Simon.

Pour retrouver les vidéos du Kikk, il suffit de s’abonner à : https://vimeo.com/kikkfestival

De suivre la page des actualités sur : https://www.facebook.com/KIKK.Festival/

Et de télécharger le Kingkong creative cultures magazine : https://galaxy.kikk.be/fr/projets/kingkong

Le KIKK est l’occasion rêvée pour les EPN de découvrir les artistes d’aujourd’hui et de s’emparer des sujets de société qui traversent les technologies, le design et la communication. Pour prolonger sa visite, voici des ressources pour organiser des ateliers de découvertes :

Alors, rendez-vous à la prochaine édition du KIKK Festival du 31 octobre au 4 novembre 2019 ?

 

 

Tags : culture numérique